Toujours rien de nouveau, en ce début de semaine, sur les modalités de la prochaine hausse des prix (voir Lemondedutabac des 6, 7 et 8 juin). Les nouvelles listes de prix n’avaient toujours pas été déposées vendredi soir. Et il semblerait bien que les fabricants ne soient pas tous d’accord sur les dates les plus opportunes quant à l’entrée en vigueur de ces nouveaux prix.
Outre ces péripéties, les observateurs se posent plusieurs questions.
• Va t’on vers un cycle d’augmentations à répétitions ? Si est validé le principe des deux fois 20 centimes d’euros (dès le 1er juillet, puis en octobre) – ce qui correspond au dernier arbitrage de Matignon sur le sujet -, on peut légitimement se demander si le ministère de la Santé et les associations affiliées ne vont pas, désormais, exiger une augmentation tous les trimestres … En tout cas, c’est une belle victoire pour Yves Bur. Ne l’a t’on pas entendu lâcher dans les médias, la semaine dernière : « 40 centimes en octobre dernier, 20 centimes en juillet et encore 20 centimes en octobre prochain : cela fait 80 centimes en un an. Le compte commence à être bon. »
• Donne t’on de la visibilité aux buralistes ? Ils auront tout entendu, et son contraire, dans les médias : report en octobre ; puis, double augmentation … Et ceci, sans la moindre indication sur les conséquences, concernant les prix du tabac, de l’augmentation de TVA prévue le 1er janvier prochain. Il en ressort une impression d’improvisation qui porte une ombre sur la crédibilité de leur tutelle.
• Mais tout cela a t’il encore de la crédibilité aux yeux de l’opinion publique ? Non plus. Les fumeurs les plus modestes savent déjà qu’ils peuvent s’approvisionner ailleurs … Quant à l’ensemble de l’opinion publique, elle doute de plus en plus des effets de ce qu’elle considère comme de la surenchère fiscale. C’est bien connu, trop d’impôt tue l’impôt.
Depuis le début de l’année, Bercy tablait sur 11% de recettes fiscales supplémentaires, tous impôts confondus. Ces dernières ont, en fait, connu un recul de 1%. Il pourrait en être de même pour le rendement de la fiscalité tabac.




