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13 Juil 2021 | Profession
 

Dans un article, daté du 12 juillet, Les Échos revient sur les deux achats, coup sur coup, de groupes pharmaceutiques par Philip Morris International. Opérations que nous avons annoncées ici-même (voir 5, 6 et 9 juillet). Extraits.

Le tabac dans une main, son remède dans l’autre. Philip Morris (PMI), premier cigarettier mondial, a annoncé avoir trouvé un accord avec le conseil d’administration du britannique Vectura pour un rachat de ce spécialiste de médicaments à inhaler destinés à soigner les maladies liées … au tabagisme. L’annonce, inattendue, a fait bondir le titre Vectura, qui prenait jusqu’à 14 % en séance à Londres.

•• PMI prévoit de racheter la totalité des actions de sa cible pour 1,3 milliard d’euros, soit 150 livres par titre et 11 % de mieux que le cours de clôture de jeudi. C’est aussi plus que le prix proposé par le fonds Carlyle, avec lequel l’état-major du groupe pharmaceutique s’était précédemment entendu et qui a indiqué étudier toutes les options, dont celle d’une contre-offre.

L’acquisition, si elle était menée à son terme, marquerait l’entrée de plain-pied de Philip Morris dans la santé, un secteur aux antipodes de son coeur de métier. Le groupe parle, lui, d’une « évolution naturelle ». Contraint par des cadres législatifs et fiscaux de plus en plus stricts, mis sous pression par les marchés, le cigarettier a vu, comme ses concurrents, ses perspectives de marché se rétrécir et son cours chahuté ces dernières années.

•• De quoi l’inciter à trouver de nouveaux relais de croissance, parfois très loin de ses aspirations originelles. « Nous sommes sur la voie d’une profonde transformation », a indiqué à la presse son directeur général, Jacek Olczak, qui a pris les commandes en mai. Le dirigeant, entré chez Philip Morris il y a vingt-cinq ans, accentue le très large virage stratégique entrepris par son prédécesseur, André Calantzopoulos (voir 7 mai).

Le groupe pousse les feux dans les alternatives à la cigarette classique dans le cadre de son plan « un monde sans fumée », lancé en 2016. Un appareil électronique à base de tabac chauffé et qui ne dégage pas de fumée, IQOS, pesait notamment pour près d’un tiers de ses ventes au premier trimestre.

•• Mais il veut aussi capitaliser sur son expertise dans l’inhalation afin de générer, dès 2025, 1 milliard de dollars de ventes dans les produits non nicotiniques. « Grâce à l’inhalation, nous pouvons résoudre de nombreux problèmes », veut croire Jacek Olczak qui cite l’aspirine, dont l’administration par inhalation aurait des effets plus rapides et efficaces que par voie orale.

PMI emploie 400 chercheurs et prévoit de commercialiser une sélection de produits au cours des prochaines années.

•• Le rachat de Vectura prend, dès lors, tout son sens. Le groupe conçoit des molécules et des inhalateurs, commercialisés par des firmes comme Novartis et GlaxoSmithKline. En 2020, les 13 médicaments développés ont généré 222 millions d’euros de chiffre d’affaires.

Il y a quelques jours, le fabricant des cigarettes Marlboro a annoncé avoir conclu un accord pour l’acquisition de Fertin Pharma, un laboratoire danois spécialisé dans la production de substituts nicotiniques (des chewing-gums et des pastilles à la nicotine), pour 820 millions de dollars.

Pour l’heure, sa stratégie est validée par les marchés : à Wall Street, le titre Philip Morris avoisine les 100 dollars, un niveau qu’il n’avait pas atteint depuis plus de trois ans.