Dans le dernier éditorial de sa publication, l’association Droit des Non-Fumeurs (DNF) pose une vraie question : quels moyens vont appuyer le Plan national de Réduction du Tabagisme (voir Lmdt du 25 septembre) ?
55 millions d’euros annuels alloués à la sécurité routière ; 54 millions contre le sida … « une vraie politique de prévention – et de répression – menée avec constance et détermination peut produire des résultats tout à fait remarquables » constate DNF.
A l’inverse, poursuit l’association, les financements publics affectés à la lutte anti-tabac sont fort modestes : « aux alentours de 28 millions d’euros par an : 8 millions alloués par l’Institut national de Prévention et d’ Éducation à la Santé ; 18 par les Autorités Régionales de Santé ; 1,3 par le ministère de la Santé ; 0.7 par l’Institut National du Cancer. La Cour des comptes, dans son rapport de décembre 2012, avait souligné la diminution, au fil des années, de ces fonds consacrés à la lutte contre le tabagisme : 0,08 euro par an et par habitant ». Alors que l’Australie a consacré près de 5 euros par an et par habitant, entre 2004 et 2009, à la lutte anti-tabac. Ou qu’ un rapport de la Commission européenne préconisait, en 2004, un effort budgétaire situé entre 1 à 3 euros par an et par habitant.
DNF estime que si le Gouvernement français avait retenu la fourchette haute de cette recommandation bruxelloise, ce serait 198 millions d’euros qui abonderaient les politiques de prévention contre le tabagisme. « Malheureusement, nous n’atteignons même pas la fourchette basse et ce ne sont pas les incertitudes actuelles sur le financement d’un hypothétique Fonds, annoncé par la Ministre, qui tendent à rassurer.
« Y a-t-il en France, une prévention à deux vitesses ? Tant qu’une réponse publique ne sera pas apportée à ces questions, tant que la lutte contre le tabagisme restera le parent pauvre des politiques publiques de prévention, nul ne s’étonnera de la persistance de la gravité du mal en France ».




