Philippe Coy, président de la Confédération nationale des buralistes, était l’invité de Patrick Roger le 4 mars à « Sud Radio vous explique ». Extraits …
Les buralistes sont en colère à cause, entre autres, du marché noir de cigarettes et du tabac qui explose. Mais ce n’est pas tout : les réglementations changent. Dernière en date, celle sur les sachets de nicotine qui pourraient être interdits en France (voir 3 mars).
•• « Nous sommes en colère. Nous sommes des entrepreneurs, des investisseurs, des gens responsables », affirme Philippe Coy, président de la Confédération nationale des buralistes « On se bat depuis des années pour faire vivre nos commerces, vivre les villages, vivre les quartiers. Et aujourd’hui, nous sommes un peu les bras ballants » face aux décisions du Gouvernement.
Les sachets de nicotine, notamment, « sont pour nous une offre alternative à nos consommateurs », explique Philippe Coy qui rappelle également que les puffs ont aussi été interdites. Mais, « nous étions favorables à l’arrêt de la puff », rappelle-t-il, car « il avait plutôt tendance à draguer un public trop jeune ». Pour conserver leur rôle de service public ou encore de lien social, « encore faut-il croire à l’avenir » et « à la parole de l’État ».
« La nicotine est addictive, elle n’est pas nocive. C’est prouvé par des documentations médicales ». Malgré ça, le gouvernement a décidé de consulter l’Union européenne « pour simplement interdire ce produit », donc les sachets de nicotine.
•• Face à ces décisions arbitraires prises sans concertation avec les acteurs, Philippe Coy demande : « comment le réseau des buralistes peut investir, peut recruter, peut se développer … quand la parole de l’État est bafouée en permanence ? »
Le président de la Confédération des buralistes rappelle également que sa profession doit faire face à une concurrence de plus en plus forte entre pays européens. Alors que la France a fait exploser le prix du paquet de cigarettes, l’Allemagne, le Luxembourg, l’Italie, Andorre ou encore l’Espagne affichent des prix bien plus bas, parfois près de 50 % moins chers. La baisse de volume des ventes de cigarettes en France, « c’est pas les gens qui ont arrêté de fumer. C’est le trafic qui s’est installé, c’est les achats transfrontaliers ».
Alors que la hausse des prix a pour objectif de dissuader de fumer, « ils ont dissuadé d’acheter en France », déclare Philippe Coy. « Le marché parallèle c’est une réalité. » (…) « Le prix le plus élevé de l’Union européenne, c’est la France. » Résultat des courses : les buralistes sont en crise et ont du mal à voir un avenir.
« Il y a des nuages à l’horizon », confirme Philippe Coy. « Aujourd’hui, on peut douter de l’avenir, parce qu’aucun signal ne nous encourage à aller de l’avant. »
« Il y a eu pas mal d’initiatives pour relancer le commerce de proximité », rappelle le président de la Confédération des Buralistes. « Elles sont toutes louables. » Mais, « à un moment, je dis stop aux mots, oui à l’action ».




