Installé depuis 22 ans dans le quartier populaire des Quatre-Chemins à Pantin, Johan Walter Banz photographie les rues de la ville et ses habitants quand il n’est pas dans son débit de tabac. Une trentaine de ses plus beaux clichés sont exposés au-dessus de son comptoir, actuellement.
« J’ai toujours aimé la photo, mais je n’ai commencé à travailler sur son aspect technique et artistique qu’il y a dix ans. On m’a parfois proposé d’exposer, mais je n’avais pas le temps, alors je me suis dit : Pourquoi ne pas le faire ici tout en continuant mon travail ? » a confié, au Parisien daté du 7 novembre, ce buraliste allemand marié à une Française.
« Le mardi, je suis fermé, alors j’en profite pour aller me promener. Je connais beaucoup de monde dans le coin, j’arrive donc facilement à photographier les gens. » Comme cet homme qui sourit à l’objectif devant un bar, ces passants pris à la volée dans la rue et puis surtout le paysage urbain des Quatre-Chemins.
« On ne peut pas dire que l’architecture de notre quartier est très réputée. Ce que j’aime, c’est justement montrer qu’il y a tout de même de belles choses autour de nous, repérer le petit détail qui change tout », souligne-t-il.
Et l’initiative plaît. « On n’imagine pas découvrir cela en passant la porte d’entrée », s’étonne une cliente habitante du quartier, « d’ailleurs on ne repère pas tout de suite ses photos en arrivant, mais au bout de quelques secondes il y en a une qui vous saute aux yeux. Et elles sont magnifiques », sourit-elle.
Même si Johann rêve de se consacrer au huitième art à plein-temps, il n’est pas près de changer d’activité : « la concurrence est trop rude, je préfère continuer la photo en loisir et garder mon bureau de tabac ».




