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7 Mar 2016 | Pression normative
 

M Touraine Conférence Paquet neutreRéunir des représentants du maximum de pays pour « donner la leçon au monde entier ». Peu importent les suites données à la déclaration médiatique finale.

Organiser un sommet international à Paris afin d’impressionner une opinion publique qui pourrait encore être sensible à l’un de ces événements de « politique spectacle » dont les ministres ne sont guère avares. Le tout étant financé sur fonds publics.

Il semblerait que Marisol Touraine ne résiste guère à ce genre de tentations.

De fait, la ministre de la Santé envisage de convoquer un sommet mondial sur le paquet neutre. À l’instar – mais en plus retentissant – que sa « conférence ministérielle de lutte contre le tabagisme et de soutien au paquet neutre » de juillet dernier (voir Lmdt des 20 et 21 juillet ainsi que du 21 août 2015). Et pourquoi pas, en présence du président de la République ?

La date pourrait se situer entre le vendredi 20 mai (date d’entrée en vigueur de la loi sur le paquet neutre) et le mardi 31 mai (« Journée mondiale sans tabac » placée sous l’égide du paquet neutre / voir Lmdt du 18 février).

Le problème, c’est que si l’on s’en tient au calendrier du paquet neutre (avec sa période de transition / voir Lmdt du 29 février) … de paquets neutres, il n’y en aura pas encore à montrer dans les linéaires chez les buralistes à ce moment-là.

Et puis, la période risque d’être un peu compliquée pour tout le monde. Il n’est pas exclu qu’un collectif budgétaire soit inscrit au programme du parlement ce mois de juin (tant par nécessité budgétaire que pour des intentions pré-électorales). Et l’on sait que c’est à ce moment que la députée socialiste Michèle Delaunay veut « aider » Marisol Touraine à accomplir son vœu d’un « paquet neutre à 10 euros » (voir Lmdt des 21 et 22 février). Via « le levier fiscal » (voir Lmdt du 23 février).

Le débat risque d’être compliqué, tant au sein du gouvernement que sur les rangs du parlement.

De quoi pousser les buralistes à bout, aussi.

Quant à l’opinion publique, elle va se poser des questions sur la cohérence de la politique gouvernementale en la matière, aussi. Cette opinion publique qui ne croit pas en l’efficacité du paquet neutre (voir Lmdt du 4 mars) et qui sait bien qu’une forte hausse des prix va avoir pour conséquence de favoriser le marché parallèle et la contrebande.