Au lendemain de la généralisation du paquet neutre (voir Lmdt du 2 janvier), une sélection de déclarations de buralistes sur le vécu et l’impact de la mesure.
•• Gérard Vidal (président de la Fédération Midi-Pyrénées et de la commission Marché parallèle et Ventes parallèles de la Confédération) au micro de France Bleu Toulouse : « il y a eu un geste du Gouvernement pour moderniser nos commerces. Mais, je ne vous cache pas que je crains le pire. Officiellement, le volume des ventes va baisser : en décembre, il y a eu une baisse de 10 % dans le réseau légal. Mais, malheureusement, le consommateur n’arrêtera pas de fumer et va se tourner vers d’autres réseaux. En Australie, les dernières études montrent qu’il n’y a jamais eu autant de contrebande ».
Dans La Dépêche du Midi, le même Gérard Vidal déplore que ce sont les buralistes qui souffrent de cette réglementation qu’il qualifie de ridicule : « la France est l’unique pays d’Europe à avoir adopté cette politique de paquet neutre (…) Et, le taux de nicotine et de goudron n’est plus indiqué sur les paquets neutres. Incroyable en matière de santé publique ! »
•• « Vider nos stocks en quarante jours, c’était très insuffisant. Une majorité de nos buralistes vont avoir des problèmes de trésorerie » déclare Mathieu Meunier (le président de la chambre syndicale des buralistes d’Indre-et-Loire) à France Bleu Touraine.
•• RMC a fait un reportage dans un débit parisien où le gérant voit surtout, pour sa part, une baisse de son chiffre d’affaires : « Moins 20% depuis le mois de novembre (…) On perd de l’activité et surtout on perd beaucoup de temps parce qu’on met plus de temps pour chercher les cartouches et on se trompe. À la caisse, des gens reviennent pour dire que ce n’est pas ça qu’ils m’ont commandé ! ».
•• Sud Radio dans un établissement près de la Tour Eiffel : « j’ai beaucoup de clientèle étrangère. Comment voulez-vous qu’ils retrouvent un produit puisqu’on ne peut pas le lire à distance ? J’ai trop de références pour passer dix minutes par client. Les gens me demandent aussi de changer de paquet si la photo-choc est trop répugnante, c’est encore une complication ». Constat confirmée par une collègue du quartier : « beaucoup de notre clientèle étrangère ne veulent pas de paquet neutre ».




