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30 Déc 2016 | Profession
 

Quelques « anciens » paquets font de la résistance dans les linéaires à J-2 du passage au « 100 % paquet neutre ». Comment se préparent les buralistes, selon les médias de province ? Les seuls pour le moment à s’intéresser concrètement à la chose.

• Dans l’Yonne (reportage de France Bleu Auxerre du 28 décembre), un buraliste d’Auxerre explique : « on va fermer une journée début janvier, pour tout réorganiser en stock comme en rayon. Pour vérifier que l’on donne bien le bon produit au client, c’est très important. Cela demande bien plus d’attention qu’avant ». Une buraliste à Cheny, qui vend 350 paquets par jour, évalue sa perte de temps quotidienne « à une heure trente pour réceptionner les livraisons, déballer, mettre en réserve. Et ce temps, on ne le passe pas à autre chose, donc on perd de l’argent ». Une buraliste à Monéteau, qui voit défiler 800 à 1 000 clients par jour, ne constate pas de changements de la part des consommateurs : « vu qu’ils n’ont plus le choix, certains nous demandent telle ou telle photo : le bébé, l’œil … ».

• « Inutile » réplique Jean-Luc Renaud (secrétaire général de la Confédération et président de la Fédération Sud-Ouest dans une interview à Sud Ouest de ce jeudi 29 décembre) : « ce qui nous inquiète et surtout nous met en colère, c’est d’avoir eu raison trop tôt quand nous manifestions contre cette mesure. 

« Nous vendons le paquet neutre depuis le 20 novembre dernier et toutes nos inquiétudes se vérifient. Nous ne constatons pas de diminution de la vente de cigarettes. En revanche, pour nous, les buralistes, c’est un surcroît énorme de travail pour identifier les paquets, qui sont tous identiques, et les ranger. Sans compter le risque d’erreur pour nos clients.

« Si on veut protéger la santé, ce qui est légitime, menons alors une vraie politique de prévention comme en Allemagne, où le tabagisme diminue chez les jeunes alors qu’il n’y a pas de paquet neutre et que la publicité pour le tabac y est autorisée. Ce que nous demandons, surtout, c’est que les fumeurs achètent leur tabac chez nous et que l’État s’attaque vraiment au marché parallèle ».