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12 Déc 2016 | Profession
 

Suite de notre série « certains buralistes s’adaptent, d’autres voient d’un œil rouge » l’arrivée définitive du paquet neutre …

•• Au Touquet (Pas-de-Calais), des jeunes buralistes ont d’abord été choqués et démoralisés : « comment voulez-vous travailler avec ça ? ». Puis, l’idée est venue de proposer à leurs clients une boîte cartonnée jetable. Ils ont fait appel à un professionnel qui leur a proposé d’y imprimer l’effigie du Caddy, symbole de la ville. Les petites boîtes sont un succès et le buraliste prend toutes les précautions : « j’attends toujours d’avoir encaissé le paquet pour proposer la petite boîte aux clients, pas question d’imposer quoi que ce soit ».

•• À Issoire (Puy-de-Dôme), il y a d’abord le problème d’organisation. « Maintenant qu’ils sont identiques, nous sommes obligés de réorganiser la réserve. Nous avons doublé les étagères et classé par ordre alphabétique les paquets. Mais il est difficile de s’y retrouver, en réserve comme dans les rayons », conclut le patron d’un tabac-presse. « Aujourd’hui, nous sommes encore capables de nous organiser grâce aux anciens paquets non vendus qui nous aident à repérer le code couleur » affirme l’employée d’un débit de tabac.

Ce qui bloque, ce sont les images : « c’est un manque de respect, une atteinte à la dignité des employés et des clients, qui sont en permanence confrontés à des photos très déplaisantes », regrette le gérant d’un autre tabac-presse, « cette mesure est tout simplement catastrophique ! ». « Ils sont censés être repris, mais le temps de remboursement risque d’entraîner des soucis de trésorerie » ajoute-t-il en prévision de l’après 1er janvier 2017.

« Les gens continueront de fumer et ne diminueront pas leur consommation. Je ne comprends pas que les réformes visent toujours les cigarettes et jamais l’alcool, qui est tout aussi dangereux » estime l’employée du débit de tabac.

Sentiment confirmé par les fumeurs interrogés par La Montagne. « Je n’arrêterai pas de fumer pour ça. Il pourrait y avoir toutes les images possibles ou slogans inimaginables, je pense que nous sommes déjà bien informés et réellement conscients du risque encouru pour notre santé … » assure une femme de 38 ans. « Personnellement, ça ne change rien, je ne vais pas arrêter ou diminuer pour des paquets neutres. Les photos et slogans étaient déjà sur les paquets. Pour moi, la seule chose qui pourrait me faire arrêter, c’est d’en avoir envie », confie un trentenaire.