Le tabacologue Philippe Presles réitère, ce jeudi 12 juin, son opération « Appel en faveur de la cigarette électronique » à destination de la ministre de la Santé, sur le site de l’Express.fr. Co-signé par près de 80 médecins de toues spécialités. Le premier remonte à l’automne dernier (voir Lemondedutabac du 15 novembre 2013).
L’appel dénonce, à nouveau, l’amalgame fait entre « tabac et cigarette électronique qui paralyse les fumeurs ». En cause, les médias « semant le doute et décourageant une grande partie des fumeurs de s’y mettre ». En cause ,aussi, l’argument majeur de l’absence d’études « de ceux qui s’opposent au libre usage de la cigarette électronique ou cherchent à mettre en exergue ses dangers potentiels ».
Philippe Presles fait, cette fois, appel au principe de précaution tel qu’il a été reformulé dans la déclaration de Rio en 1992 : « le désastre environnemental du réchauffement climatique n’a d’égal que le désastre humanitaire des dizaines de millions de morts prématurées dues tabac, chaque année dans le monde ». Oubliant le bilan de la pollution qui tue plus que le tabac, selon l’OMS (voir Lemondedutabac du 25 mars).
« Tous les acteurs s’accordent pour attribuer le recul de vente de tabac de 8% en 2013 à la cigarette électronique ». Puis de tempérer : « Au minimum, cela correspond à 500.000 fumeurs sevrés en France, ce qui est considérable (Etincel-OFDT, 2014) ».
« Force est de constater que le changement de comportement qu’il est si difficile d’obtenir de nos patients est encore plus difficile à obtenir de nous-mêmes et des autorités de santé publique » poursuit l’appel, « arrêtons de définir des plans de santé publique sur l’hypothèse que les fumeurs et les adolescents ne sauraient pas faire la différence entre le tabac à fumer et les cigarettes électroniques. Ils en sont capables et leur attente légitime est de disposer d’informations claires sur la différence de danger qu’ils représentent respectivement ».
Et de conclure, sur un appel « aux sages du comité consultatif national d’éthique … Une telle approche permettrait selon nous de construire une politique de santé publique innovante et ambitieuse, accélérant le déclin du tabac à fumer ». En expliquant que personne n’a rien compris en interdisant le Snus, tabac à usage oral : « le principe de précaution appliqué aux Snus aurait déjà permis de sauver plus de 500.000 vies en France sur 20 ans ».




