Seize personnes ont été interpellées dans le cadre d’un trafic de drogue de synthèse appelée « le Chimique » à Mayotte, et sept d’entre elles ont été placées en détention provisoire, notamment pour contrebande de produits dangereux pour la santé publique, a annoncé à la presse, ce mercredi 17 février, le procureur de la République.
« Le chimique » est un cannabinoïde de synthèse, une poudre dissoute dans de l’alcool, puis mélangée au tabac. Cette drogue « est la première cause des violences que l’on constate aujourd’hui à Mayotte », a estimé le procureur Joël Garrigue. L’île connaît en effet une recrudescence de la violence qui touche particulièrement les jeunes et qui se manifeste lors de rivalités inter-villageoises.
« Le chimique » « fait plus penser au crack qu’à une drogue dite douce », a expliqué le magistrat, insistant sur « le comportement violent exacerbé » constaté chez les consommateurs. L’usage de cette substance provoquerait également délire, tachycardie, effet de manque et, dans certains cas observés dans d’autres pays, le décès.
Ouverte en septembre 2015, l’enquête a révélé un important trafic de cette drogue à Mayotte. Si les gendarmes n’ont saisi que 250 grammes du produit, les écoutes téléphoniques et les investigations permettent d’estimer le trafic à plusieurs kilos de produits importés d’Europe ou d’Asie et acheminés jusqu’à Mayotte sur l’année 2015.
« Une affaire extrêmement lucrative », selon le procureur Joël Garrigue puisque le kilo de ce produit, acheté entre 2 000 et 4 000 euros, est revendu entre 150 000 et 300 000 euros.
À Mayotte, « le nombre de clients est assez important et l’on retrouve à peu près tous les profils de consommateurs », selon le procureur, en raison du coût peu élevé du produit – environ 150 euros « le paquet de tabac ».




