Toutes les semaines, à l’instar de beaucoup de ses confrères, Le Monde essaie de comprendre les clés de la période électorale qui a démarré en partant « à la rencontre des Françaises et des Français » pour raconter leurs préoccupations.
Sous son titre « À Moustey, du lien social dans les rayons », son édition du 4 février nous relate l’importance fondamentale que représente la reprise, par une enfant du pays et son mari marocain, de la seule supérette de ce village des Landes de 680 habitants dont la patronne part à la retraite après 24 ans passés derrière la caisse. Une histoire de proximité comme on les aime.
Sauf que le journal parisien est passé un peu à côté du sujet en ne mentionnant jamais que Chantal, la partante, transmet à celle qui lui succède, Samira, le statut de buraliste. Car l’établissement en question – dont l’indispensable rôle de bien social se trouve bien souligné – est un tabac-presse, Loto, multi-services (enseigne Proxi). Bientôt, relais-poste.
D’après Le Monde : « dans ce village où l’on tient la valeur travail en haute estime, on se rassure de voir qu’il reste des jeunes pour se retrousser les manches ».
Samira a cependant été confrontée à une grande frilosité bancaire. Il aura fallu, notamment, qu’elle fasse appel au financement participatif sur Internet. Mis en ligne, son projet « Mon épicerie, mon village » récolte plus de 5 000 euros en deux mois et remporte un concours de la CCI qui lui permet de doubler la mise. Une mobilisation qui a fait bouger les banques.




