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5 Fév 2026 | Vapotage
 

l'Anses communiqué officiel vapotageLe vapotage, souvent utilisé comme une alternative au tabac fumé, s’est progressivement installé dans le quotidien de nombreux Français. Dans une expertise dédiée aux risques sanitaires liés aux produits du vapotage, l’Anses identifie des risques possibles pour les vapoteurs, notamment des effets cardiovasculaires, respiratoires et cancérogènes, y compris en l’absence de nicotine dans les produits.

C’est ainsi que débute la communication officielle de l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire), que nous reprenons ici (voir la réaction du 4 février de France Vapotage).

Ces risques sont liés à l’inhalation répétée de substances toxiques présentes dans les e-liquides ou qui se forment lors du vapotage. Au regard des risques identifiés, l’Anses recommande d’écarter toute action susceptible d’inciter au vapotage, en particulier envers les non-fumeurs et les jeunes. Concernant les fumeurs, le vapotage peut être envisagé uniquement comme une solution transitoire pour arrêter le tabac.

Cigarette électronique : des usages inscrits dans la durée et souvent liés au tabac fumé

Depuis leur apparition dans les années 2010, l’usage des cigarettes électroniques connaît une progression continue.

En France, plus de 6 adultes sur 100 vapotent quotidiennement, soit plus de 3 millions de personnes, selon le Baromètre de Santé publique France 2024.

Cette pratique, qui tend à s’inscrire dans la durée, s’accompagne d’une offre de produits de plus en plus diversifiée : une grande variété de dispositifs, une large palette d’arômes, ainsi que la possibilité pour les utilisateurs de préparer eux-mêmes leurs e-liquides, en modulant les ingrédients et leurs proportions, une pratique dite do it yourself.

Le vapotage repose sur le chauffage d’un liquide sans combustion. Cependant, cette absence de combustion n’exclut pas l’exposition du vapoteur à des substances toxiques. Compte tenu de la forte croissance de cet usage, l’Anses a engagé une évaluation spécifique des risques sanitaires liés au vapotage. Cette expertise repose sur :

  • une analyse de la littérature scientifique ;
  • une évaluation des risques liés à l’inhalation de certaines substances ;
  • des enquêtes sur les pratiques de vapotage en France, en population générale et auprès de certaines populations spécifiques, notamment les adolescents.

Des effets sanitaires possibles à moyen et long termes

Pour rappel, concernant le tabac fumé, les effets sanitaires sont à la fois graves, avérés et très documentés. Pour le vapotage, l’analyse des études scientifiques disponibles montre qu’il est associé à des effets sanitaires possibles à moyen et long termes.

Plus précisément, l’Agence conclut à :

  • la survenue probable d’effets cardiovasculaires, tels que l’augmentation de la pression artérielle, lorsque les produits contiennent de la nicotine ;
  • la survenue possible d’effets sur les voies respiratoires, le système cardiovasculaire et la cancérogenèse, avec ou sans nicotine ;
  • la survenue possible d’effets sur le développement cardiovasculaire et respiratoire du fœtus exposé in utero, avec ou sans nicotine.

Les connaissances sur le vapotage n’ont pas l’antériorité de celles sur le tabac, et la distinction entre les effets spécifiques du vapotage et ceux du tabac fumé est complexe à étudier en raison des parcours d’usage : la quasi-totalité des vapoteurs adultes étant encore fumeurs ou anciens fumeurs.

Des risques liés à l’inhalation de substances toxiques

L’expertise a évalué les risques liés à certaines substances émises et inhalées lors du vapotage. L’Anses a conduit cette évaluation à partir des données disponibles sur plusieurs aldéhydes (acétaldéhyde, acroléine, formaldéhyde, furfural, glyoxal, propionaldéhyde), substances reconnues pour leurs effets toxiques, notamment cancérogènes, et toujours présentes dans les émissions des produits du vapotage.

Cette évaluation montre que l’absence de combustion n’empêche pas la présence d’aldéhydes dans les émissions du vapotage, et que l’inhalation de ces substances présente un risque sanitaire pour le vapoteur.

Afin de réduire cette exposition, l’Agence :

  • recommande de mieux informer les consommateurs sur les risques associés à leurs pratiques ;
  • rappelle la responsabilité des fabricants concernant la sécurité des dispositifs et des liquides à vapoter ;
  • soutient le renforcement de l’encadrement des ingrédients, en introduisant des restrictions d’usage ou en interdisant ceux présentant un risque sanitaire.

Écarter toute incitation à vapoter chez les non-fumeurs et les jeunes

Au regard des risques identifiés, l’Anses recommande d’écarter les actions susceptibles d’encourager l’initiation au vapotage, en particulier chez les non-fumeurs et les jeunes, et d’éviter toute forme de banalisation de la cigarette électronique.

La consommation par les adolescents est largement motivée par un effet de mode et l’attrait pour certains produits de vapotage au goût fruité. La présence éventuelle de nicotine soulève, quant à elle, des enjeux spécifiques en termes de dépendance.

L’Agence rappelle l’importance de l’application effective des dispositions existantes interdisant la vente aux mineurs, la publicité et la promotion des produits du vapotage.

Vapoter pour arrêter de fumer : une option transitoire

Si l’Agence met en garde contre les risques liés au vapotage, la cigarette électronique peut être envisagée comme une option transitoire pour les personnes rencontrant des difficultés à arrêter de fumer.

Son utilisation doit s’inscrire dans une démarche de sevrage tabagique, en usage exclusif, et en complément des dispositifs d’accompagnement existants.

L’Anses souligne, de ce fait, l’importance du rôle des professionnels de santé (tabacologue, médecin généraliste, infirmier, pharmacien…) auprès des fumeurs et des vapoteurs, et recommande de renforcer leur information et leur formation sur les produits du vapotage.

Les pratiques de vapotage selon les enquêtes de l’Anses

  • 74 % des vapoteurs adultes vapotent tous les jours.
  • Plus de 50 % des jeunes vapoteurs (13-17 ans) ou des femmes vapoteuses pendant la grossesse le font quotidiennement.
  • 59 % des vapoteurs adultes utilisent la cigarette électronique depuis deux ans ou plus.
  • 65 % des vapoteurs adultes consomment aussi du tabac.
  • 98 % des vapoteurs adultes sont fumeurs ou anciens fumeurs.
  • 79 % des vapoteurs adultes utilisent un liquide contenant de la nicotine.
  • 50 % des vapoteurs adultes pratiquent le do it yourself.

Les motivations principales au vapotage sont le sevrage tabagique, le coût moins élevé que la cigarette, le moindre impact perçu sur la santé et le plaisir sensoriel.

Pour les femmes enceintes, la santé du bébé à naître est le facteur prépondérant pour passer de la cigarette au vapotage. Les jeunes, quant à eux, sont soumis aux effets de mode et attirés par la diversité des arômes.

(Voir la réaction de France Vapotage, le 4 février.)

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