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6 Fév 2026 | Vapotage
 

Si le vapotage est moins nocif que le tabac, sa pratique sur la durée expose elle aussi à des risques pour la santé. Les autorités sanitaires tirent la sonnette d’alarme, notamment auprès des plus jeunes.
C’est ainsi que débute un article des Echos (4 février) de Hayat Gazzane – suite à la publication de l’étude de l’Anses sur le vapotage (voir les 4 et 5 février) – que nous reprenons tel quel.

Vapoter est une très mauvaise habitude pour la santé.

C’est à cette conclusion qu’est arrivée l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), après avoir mené une évaluation des risques sanitaires liés aux e-cigarettes.
Ses conclusions, dévoilées ce 4 février, sont sans appel : « L’Anses identifie des risques possibles pour les vapoteurs, notamment des effets cardiovasculaires, respiratoires et cancérogènes, y compris en l’absence de nicotine dans les produits. »
Certes, le vapotage ne présente pas la même dangerosité que le tabagisme qui reste aujourd’hui le premier facteur de mortalité prématurée évitable, responsable de 75 000 morts par an, dont 45 000 par cancer, rappelle l’Anses. Mais les connaissances sur le vapotage n’ont pas l’antériorité de celles sur le tabac, et la distinction entre les effets spécifiques du vapotage et ceux du tabac fumé est complexe à étudier « en raison des parcours d’usage, la quasi-totalité des vapoteurs adultes étant encore fumeurs ou anciens fumeurs », admet l’Anses.
Néanmoins, les récentes études scientifiques sur le vapotage, compilées dans cette enquête, montrent que ce dernier est bel et bien associé à des effets sanitaires à moyen et long termes.

Dans le détail, l’Anses recense « la survenue probable » d’effets cardiovasculaires, telle que l’augmentation de la pression artérielle, lorsque les produits contiennent de la nicotine,

mais aussi des effets sur les voies respiratoires, le système cardiovasculaire et la cancérogenèse, avec ou sans nicotine. Elle évoque aussi de possibles conséquences sur le développement cardiovasculaire et respiratoire du foetus exposé in utero, avec ou sans nicotine.
L’étude pointe du doigt certaines substances émises et inhalées lors du vapotage, notamment les aldéhydes, reconnus pour leurs effets toxiques. « Cette évaluation montre que l’absence de combustion n’empêche pas la présence d’aldéhydes dans les émissions du vapotage, et que l’inhalation de ces substances présente un risque sanitaire pour le vapoteur », explique l’Anses.
L’inquiétude de cette dernière est d’autant plus grande que le vapotage s’installe dans les habitudes des Français. Depuis leur apparition dans les années 2010, l’usage des cigarettes électroniques n’a cessé de progresser, avec une offre de plus en plus diversifiée.

Plus de 6 adultes sur 100 vapotent quotidiennement

Aujourd’hui, en France, plus de 6 adultes sur 100 vapotent quotidiennement, soit plus de 3 millions de personnes. Plus de 50 % des jeunes vapoteurs (13-17 ans) et des femmes vapoteuses pendant la grossesse le font tous les jours et 59 % des vapoteurs adultes utilisent la cigarette électronique depuis deux ans ou plus.
Les motivations de ces derniers sont connues : le sevrage tabagique, le coût moins élevé que la cigarette, le plaisir sensoriel et, pour les femmes enceintes, l’espoir de préserver la santé du bébé à naître par rapport à la consommation de tabac classique. Les jeunes, eux, sont soumis aux effets de mode et attirés par la diversité des arômes.
Or, insiste l’Anses, l’utilisation de l’e-cigarette ne doit surtout pas s’inscrire dans la durée. « La cigarette électronique peut être envisagée comme une option transitoire pour les personnes rencontrant des difficultés à arrêter de fumer. Son utilisation doit s’inscrire dans une démarche de sevrage tabagique, en usage exclusif, et en complément des dispositifs d’accompagnement existants », rappelle-t-elle.

« Éviter toute forme de banalisation »

Pour limiter les dégâts sur la santé, l’Anses recommande de mieux informer les consommateurs sur les risques associés à cette pratique et en appelle à la responsabilité des fabricants, censés assurer la sécurité des dispositifs et des liquides à vapoter.
Elle alerte sur les dangers de composer soi-même son e-liquide, comme le fait un vapoteur sur deux par économie.
Les risques sont ceux d’un surdosage, de l’emploi d’ingrédients non adaptés à l’inhalation comme les huiles essentielles, ou d’une ingestion accidentelle par les enfants.
L’Anses préconise également un renforcement de l’encadrement des ingrédients, en introduisant des restrictions d’usage ou en interdisant ceux présentant un risque sanitaire.
Enfin, elle appelle à bannir toutes les actions susceptibles d’encourager à s’initier au vapotage, en particulier chez les non-fumeurs et les jeunes, avec pour objectif « d’éviter toute forme de banalisation de la cigarette électronique ».