
Il semble primordial de défendre une approche de réduction des risques concernant le sevrage tabagique. Cette approche passe effectivement par la promotion de l’utilisation d’alternatives nicotinées qui sont bien moins nocives pour la santé. Toutefois, que ce soit en termes de santé individuelle et collective, il faut savoir reconnaître les problèmes sanitaires que cela soulève.
C’est ainsi que débute une tribune de Nicotine World (voir 26 mars 2026) que nous reprenons.
Le rapport 2025 de l’Anses (voir le 5 février 2026) sur l’évaluation des risques sanitaires liés aux produits du vapotage souligne cette nuance : il reconnaît des risques liés au vapotage, mais rappelle aussi que, dans l’état actuel des connaissances, ces effets ne sont pas d’une gravité équivalente à ceux du tabac fumé, tout en soulignant les incertitudes et la nécessité de vigilance.
Autrement dit, moins nocif ne veut pas dire inoffensif. Et soutenir des alternatives pour les fumeurs ne signifie pas ouvrir une porte d’entrée à la nicotine chez les adolescents.
Le tabagisme reste, en France, le premier facteur de mortalité prématurée évitable, avec environ 75 000 morts par an dont 45 000 par cancer, rappelle l’Anses.
Si on veut réduire rapidement la mortalité, le levier prioritaire est donc de faire sortir le maximum de fumeurs de la combustion.
Ce que dit l’Anses sur la vape, moins toxique que le tabac, mais pas sans risque
L’Anses conclut que les effets associés à l’usage de la cigarette électronique ne sont pas d’une gravité équivalente à ceux du tabac. L’absence de combustion constitue un avantage majeur, car elle réduit l’exposition aux substances toxiques et cancérogènes de la fumée de tabac, plusieurs substances nocives sont absentes des émissions de vapotage, et quand certaines sont détectées, leurs concentrations sont significativement plus faibles que dans la fumée de cigarette conventionnelle.
Mais l’Anses insiste, dans le même mouvement, sur trois limites qui doivent être reconnues pour adopter une position responsable.
Tout d’abord la présence de composés toxiques dans l’aérosol même sans combustion. En effet, il existe des substances préoccupantes (ex. aldéhydes).
Ensuite la présence de nicotine impose une vigilance. Notamment concernant le risque d’entrée dans l’addiction, notamment chez les sujets non fumeurs.
Enfin le manque de recul, le vapotage est relativement récent, et l’absence actuelle de maladies chroniques avérées chez les vapoteurs n’ayant jamais fumé pourrait relever d’un manque de recul plutôt que d’une innocuité. Toutefois, il semble rationnel de dire que le risque est moindre comparativement à la cigarette classique. Donc la solution de l’alternative nicotinée reste la meilleure solution.
C’est exactement ce que devraient promouvoir les instances de l’État en matière d’information et de fiscalité, réduction du risque ne veut pas dire absence de risque mais la diminution est bien réelle. Lire la suite »





Le vapotage, souvent utilisé comme une alternative au tabac fumé, s’est progressivement installé dans le quotidien de nombreux Français. Dans une expertise dédiée aux risques sanitaires liés aux produits du vapotage, l’Anses identifie des risques possibles pour les vapoteurs, notamment des effets cardiovasculaires, respiratoires et cancérogènes, y compris en l’absence de nicotine dans les produits.