La vente illégale de tabac progresse en Dordogne, les buralistes réclament des sanctions. « La fraude aux cigarettes est devenue tristement banale » confirme, à Sud-Ouest, Stephan Picaglia, président de la fédération des buralistes de Dordogne.
En France, la vente illégale de cigarettes représente plus de 30 % de la consommation de tabac. Un ratio qui se vérifie à peu de chose près dans les mêmes proportions en Dordogne : « le nombre de contentieux autour du tabac traités par les Douanes a fortement progressé au cours de ces cinq dernières années », relève Pascal Esteves, le Directeur adjoint de la Direction régionale des douanes de Bordeaux, chiffres à l’appui.
En 2022, la brigade de Périgueux a réalisé 29 saisies avec 348 kilos interceptés, il y en a eu 44 en 2023, mais d’un poids moindre (179 kilos).
•• Aux achats illégaux individuels, s’ajoutent aujourd’hui les importations à grande échelle coordonnées par des réseaux qui s’attaquent au marché du tabac.
• Le 9 mars, un jeune homme d’une vingtaine d’années a été contrôlé à Lamothe-Montravel, dans le cadre de l’opération de lutte contre le trafic de tabac Colbert II. Son coffre renfermait 50 cartouches – soit 500 paquets de cigarettes –, soigneusement emballées dans un carton.
• Ce sont deux hommes d’une trentaine d’années, un semi-grossiste de nationalité moldave et un revendeur d’origine roumaine, qui se sont fait pincer par la brigade anti-criminalité (BAC) de nuit de Périgueux en possession de 250 cartouches (voir 30 mai 2024). Convoqués devant le tribunal correctionnel de Périgueux en octobre, le prévenu moldave a été condamné à six mois de prison avec sursis, et son vendeur roumain à une peine de trois mois avec sursis assortie de deux amendes à 250 euros.
•• Deux peines jugées « insuffisantes » par la fédération des buralistes de Dordogne, qui s’est portée partie civile au procès des deux trafiquants.
Lundi 2 décembre, dans le cadre du volet civil du dossier pénal, l’avocate de l’organisation syndicale, a demandé au tribunal correctionnel de reconnaître le « préjudice matériel et moral » causé aux débitants de tabac périgourdins par les deux hommes condamnés deux mois plus tôt pour détention en vue de la vente frauduleuse de tabac sans qualité de débitant de tabac, de revendeur ou d’acheteur-revendeur.
2 646 euros ont été demandé au titre du préjudice matériel, soit le manque à gagner pour les 220 buralistes de la fédération et 8 000 euros au titre du préjudice moral, a fédération ayant en effet subi une atteinte en lien avec son image et sa renommée. Le tribunal rendra son délibéré le 13 janvier prochain.
•• « Il faut des peines plus dissuasives », renchérit le patron des buralistes périgourdins qui a interpellé directement sur le sujet le ministre démissionnaire des Comptes publics, Laurent Saint-Martin, lors du dernier congrès national des buralistes en novembre à Paris (voir 18 octobre 2024).
« La justice n’a peut-être pas l’habitude des dossiers de trafic de tabac, mais elle va devoir se montrer ferme sinon elle aura à traiter des affaires comme celle-là », prévient Stéphan Picaglia, à qui l’actualité a encore donné raison en cette fin d’année.
Ce 28 novembre au matin, les militaires de la Brigade de Recherches (BR) de la compagnie de gendarmerie de Sarlat ont interpellé un épicier du centre-ville soupçonné de vendre des cartouches de tabac importées d’Espagne à une clientèle locale, plutôt jeune, via les réseaux sociaux (voir 5 décembre 2024 ).




