
Le tabagisme chez les adolescents poursuit sa chute en France. Les dernières études publiées par l’OFDT (voir le 30 avril 2026) montrent une baisse historique du nombre de jeunes fumeurs, aussi bien au collège qu’au lycée. Mais derrière cette avancée majeure de santé publique, une autre réalité émerge : la progression du vapotage chez les adolescents. Cigarette électronique, puff, dispositifs rechargeables aux goûts sucrés… les usages évoluent rapidement et maintiennent une forte exposition des jeunes à la nicotine.
C’est ainsi que débute une communication de Demain sera non Fumeur (voir le 11 avril 2025).
Les enquêtes EnCLASS 2024 et ESPAD 2024 dressent ainsi le portrait d’une génération qui fume beaucoup moins de cigarettes… mais qui vapote davantage.
Le tabagisme adolescent atteint des niveaux historiquement bas
Les chiffres publiés par l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) confirment une tendance désormais solide : le tabac recule fortement chez les jeunes. En 2024, moins d’un lycéen sur trois déclare avoir déjà fumé une cigarette de tabac et environ 5,5 % des lycéens fument quotidiennement. Chez les collégiens, le tabagisme quotidien devient marginal avec seulement 0,9 % de fumeurs quotidiens.
La baisse est spectaculaire sur plusieurs années. Entre 2018 et 2024, le tabagisme quotidien des lycéens est passé de 17,5 % à 5,5 %. En quinze ans, l’expérimentation du tabac a été divisée par quatre chez les collégiens et par deux chez les lycéens.
À l’échelle européenne, la France fait désormais partie des pays affichant les plus faibles niveaux de tabagisme adolescent. Chez les jeunes de 16 ans, le tabagisme quotidien est passé de 16 % en 2015 à 3,1 % en 2024.
Ces résultats traduisent l’impact des politiques de lutte contre le tabac menées depuis plusieurs années : hausse des prix, espaces sans tabac, dénormalisation du tabagisme, prévention et évolution du regard social porté sur la cigarette.
Le vapotage chez les jeunes continue de progresser
Si les adolescents fument moins, ils restent cependant nombreux à utiliser des produits contenant de la nicotine.
En 2024, 46 % des lycéens déclarent avoir déjà expérimenté la cigarette électronique. L’usage quotidien du vapotage progresse lui aussi rapidement : 6,8 % des lycéens vapotent désormais tous les jours, contre 3,8 % en 2022.
Un quart des lycéens rapporte également un usage de cigarette électronique au cours du mois. Les données montrent aussi une diffusion particulièrement importante dans les lycées professionnels, où 11,1 % des élèves vapotent quotidiennement, contre 5,3 % dans les filières générales et technologiques.
Autrement dit, la baisse du tabac chez les adolescents ne signifie pas disparition des usages nicotiniques. La nicotine change simplement de forme.
Puff interdite : des stratégies de contournement déjà visibles
Impossible d’analyser l’évolution du vapotage adolescent sans évoquer les puffs. Ces cigarettes électroniques jetables, apparues massivement en France à partir de 2021, ont profondément marqué les usages des jeunes grâce à leurs arômes sucrés, leurs couleurs attractives et leur forte présence sur les réseaux sociaux.
En 2024, 39,4 % des lycéens et 16,6 % des collégiens déclarent avoir déjà expérimenté une puff.
L’étude souligne également qu’une partie importante des adolescents ayant essayé une puff n’avait jamais utilisé auparavant de cigarette électronique rechargeable. Ces produits ont ainsi largement contribué à banaliser le vapotage chez les plus jeunes.
Face à cette diffusion massive, la France a interdit les puffs en 2025. Une décision importante pour limiter l’attractivité de ces produits auprès des mineurs. Mais plusieurs acteurs de terrain observent déjà l’apparition de dispositifs rechargeables reprenant les codes visuels et aromatiques des anciennes puffs : goûts très sucrés, packaging coloré, formats compacts et communication inspirée des réseaux sociaux. Le produit évolue, mais les stratégies marketing visant les adolescents restent largement présentes.
La cigarette électronique devient une porte d’entrée vers la nicotine
Les dernières données montrent également une évolution importante : de plus en plus de jeunes expérimentent la cigarette électronique sans être passés auparavant par le tabac. Dans le même temps, les usages mixtes progressent. En 2024, 2,6 % des lycéens sont des « vapofumeurs » quotidiens, utilisant à la fois cigarette électronique et cigarette classique chaque jour. L’OFDT souligne ainsi que la cigarette électronique apparaît de plus en plus comme un produit « complémentaire, voire exclusif ».
Cette évolution interroge directement la banalisation de la nicotine chez les adolescents et la perception parfois erronée d’un produit jugé « moins dangereux » parce qu’il est différent du tabac fumé.
Prévention tabac : parler le langage des jeunes
L’évolution des usages oblige également les acteurs de prévention à adapter leurs stratégies. Aujourd’hui, les adolescents évoluent dans un environnement numérique saturé de contenus promotionnels autour du vapotage et des nouveaux produits nicotiniques. Les réseaux sociaux jouent un rôle majeur dans leur diffusion et leur banalisation. Dans ce contexte, les campagnes de prévention doivent investir les mêmes espaces et utiliser des formats adaptés aux usages des jeunes générations.
Le programme « Rentre dans le Game », porté par DNF – Demain sera Non-Fumeur, s’inscrit dans cette logique avec des contenus diffusés sur TikTok et YouTube Shorts autour des puffs, des stratégies marketing de l’industrie et des nouveaux produits nicotiniques. Ces approches permettent de sensibiliser les jeunes avec des codes qu’ils connaissent et des formats qu’ils consultent quotidiennement.
Une victoire sanitaire… mais une vigilance nécessaire
La baisse historique du tabagisme chez les jeunes constitue une avancée majeure de santé publique. Les politiques de prévention et de lutte contre le tabac produisent des résultats réels et mesurables. Mais les dernières études montrent aussi que la nicotine continue de circuler massivement chez les adolescents à travers de nouveaux produits et de nouvelles stratégies marketing. La cigarette recule. La dépendance nicotinique, elle, se transforme.




