Une fenêtre sur l’actualité quotidienne de tous les événements évoquant directement ou indirectement le tabac
16 Sep 2021 | Profession
 

L’heure est aux grands changements … Dès janvier et de Genève, JTI (Japan Tobacco International) dirigera l’ensemble de l’activité tabac sur tous les continents (y compris celle du Japon) du numéro trois mondial (voir 10 février). Alors que le groupe envisage d’investir en priorité dans les produits dits « à risques réduits » de tabac chauffé.

Entretien avec le directeur financier CFO de JTI, Vassilis Vovos (voir 17 mars 2017 et 9 mai 2016) sur le site suisse de l’Agefi.

Agefi : Comment préparez-vous ce tournant historique ?

• Vassilis Vovos : Le groupe JT a annoncé un nouveau modèle de fonctionnement visant à améliorer la rentabilité de son activité tabac. Ces changements comprennent la consolidation des activités internationales et nationales actuelles de la société en une seule.

Nous pensons que ce nouveau modèle est essentiel pour renforcer notre compétitivité à l’échelle mondiale, en particulier dans les produits alternatifs à la cigarette traditionnelle. Le but étant d’unifier davantage les opérations commerciales du tabac en une seule équipe afin d’offrir de manière proactive un éventail de produits et de services pour anticiper les besoins des différents marchés. Dans cette logique, il y a la volonté de simplifier la structure de l’organisation pour améliorer la rapidité de la prise de décision.  

Ceci nous amène à créer de nouveaux postes à Genève, où nous avons mis en place, par exemple, un centre de compétences dédié au numérique. Ce hub devra développer l’expérience-client et toute la partie service après-vente en ligne.

Agefi : Parlons à présent des derniers résultats publiés (voir 3 août) …

• V. V. : La hausse se justifie par deux mouvements symétriques.

D’un côté, l’entreprise a affiché une forte croissance organique ces dernières années. JTI a ainsi gagné des parts de marché sur l’ensemble du commerce mondial. Nous sommes aujourd’hui leaders en Russie, à Taïwan ou au Royaume-Uni. Le principal moteur de cette poussée a été Winston. La marque a connu un énorme succès, à tel point qu’elle se hisse à la deuxième place des cigarettes les plus vendues dans le monde. 

De l’autre, la société a bénéficié des spécificités du marché. L’an dernier, nous subissions en effet l’effondrement des ventes du duty-free à cause des restrictions sur les voyages. Quant à la comparaison avec le premier semestre 2019, notre taille sur le marché est plus grande qu’il y a 24 mois. Aussi, nous avons profité de la « crise de la contrebande ». À cause des fermetures des frontières, les ventes de cigarettes officielles ont augmenté sur tous les marchés. C’est un mouvement qui a profité à toute l’industrie du tabac et aux recettes des États.

Agefi : « Nous réaliserons une société sans fumée d’ici dix ans au Japon», a récemment annoncé Jacek Olczak, le nouveau CEO du leader Philip Morris. Partagez-vous cette vision aussi chez JTI? Voulez-vous aussi sortir de la cigarette traditionnelle?

• V. V. : Non, la position chez JTI est de laisser le choix au consommateurNous ne voulons pas lui dicter une ligne de conduite, le forcer à changer ses habitudes. Je suis d’avis qu’il y aura toujours des fumeurs qui préféreront la cigarette classique aux produits à risques réduits comme les sticks de tabac à chauffer ou la version électronique.

En tant qu’entreprise active dans cette industrie, notre mission est de répondre à leur besoin, car c’est leur choix. Nous continuerons donc à fabriquer des cigarettes traditionnelles, en parallèle des appareils alternatifs.

Agefi : Quelle est votre ambition?

• V. V. : Notre objectif est de devenir le leader de cette industrie dès 2030.  Ce but sera atteint grâce au développement de nos produits sans fumée dans des marchés clés comme le Japon, où près de 30 % des ventes de tabac proviennent désormais des sticks de tabac chauffé. Sur ce segment, nous occupons actuellement la troisième place dans ce pays avec près de 10 % de part de marché. Sur le plan comptable, les ventes de sticks de tabac représentaient environ 11 % de nos revenus totaux dans cette région pour l’exercice 2020. L’ambition est de pouvoir augmenter ce ratio d’ici les trois prochaines années. 

À ce propos, nous venons de lancer au Japon, et en fin d’année en Russie, notre tout dernier produit à risques réduits baptisé Ploom X, dont le potentiel est énorme (voir 20 juillet 2021). Aussi, nous souhaitons continuer à gagner rapidement des parts de marché sur le segment de la cigarette classique partout où nous opérons. Et si l’actuel numéro un décide d’arrêter de fabriquer des cigarettes comme il l’affirme, l’écart se réduira encore plus vite …