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17 Nov 2025 | International
 

La conférence internationale pour la lutte antitabac ouvre à Genève cette semaine. Elle plaide notamment pour l’interdiction des mégots…

C’est ainsi que débute une dépêche (notamment relayée par Sud-Ouest) sur la COP 11 (voir 8 novembre, 21 et 15 octobre) et que nous reprenons.

Une grande conférence internationale sur la lutte antitabac se penche cette semaine à Genève sur la question des mégots de cigarette qui polluent la planète, certains préconisant même leur interdiction totale. « La meilleure solution pour l’environnement serait de supprimer complètement les filtres », a estimé Andrew Black, chef par intérim du secrétariat de la Convention-cadre de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour la Lutte antitabac (CCLAT).

Andrew Black s’exprimait, ce 13 novembre, devant la presse avant la onzième conférence des États parties à la CCLAT (COP 11), qui décident des orientations à prendre sur plusieurs dossiers à Genève du 17 au 22 novembre.

« On estime à 4 500 milliards le nombre de mégots de cigarettes jetés chaque année dans le monde, ce qui en fait la forme de déchet la plus répandue sur la planète », a-t-il assuré. « Ces mégots sont toxiques et constituent une source importante de pollution plastique, en raison de leurs filtres non biodégradables », des plastiques dérivés de la cellulose.

De plus, a-t-il assuré, les filtres n’atténuent en rien la toxicité des cigarettes.
Rüdiger Krech, directeur général du programme Environnement et Changement climatique de l’OMS, a déclaré de son côté qu’il était « grand temps d’interdire ces plastiques […] car ils représentent la principale source de pollution des eaux » et sont « également contaminés par des substances toxiques ».

À ce jour, 180 États ont ratifié la Convention-Cadre (CCLAT), un texte historique entré en vigueur en 2005, mais l’industrie du tabac fait pression sur les États pour limiter la portée des futures décisions. Selon Andrew Black, la conférence déterminera l’évolution du tabagisme pour les générations futures. Plus de sept millions de décès par an sont imputables au tabac. Un bilan humain « entièrement évitable », selon Andrew Black.

Parmi les autres points saillants à l’ordre du jour figureront le marketing agressif des multinationales du tabac et les vives inquiétudes concernant le nombre d’enfants entraînés dans la dépendance par de nouveaux procédés.

« Bien que les cigarettes électroniques soient souvent présentées comme des alternatives plus sûres aux produits du tabac classiques, rien ne prouve leur bénéfice net pour la santé publique – au contraire, les preuves de leur nocivité sont de plus en plus nombreuses », a prévenu cette semaine le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Plus de 100 millions de personnes vapotent, dont au moins 15 millions d’enfants âgés de 13 à 15 ans, selon la première estimation mondiale de l’OMS sur l’utilisation de la cigarette électronique. Tedros Adhanom Ghebreyesus a rappelé que les grands acteurs du tabac n’étaient motivés que par « une seule chose : le profit ».

Et « nous sommes conscients des tentatives de l’industrie du tabac pour infiltrer et saboter » la conférence. Benn McGrady, chef de l’unité Droit et politiques de santé publique de l’OMS, a confirmé que l’industrie du tabac exerçait un lobbying intense et cherchait à semer la discorde en vue de cette conférence.

Au sujet de la cigarette électronique, il a affirmé que les nouveaux produits étaient commercialisés comme des produits de réduction des risques, mais qu’en réalité ils présentaient des caractéristiques particulièrement attrayantes pour les enfants, telles que des couleurs vives et des arômes fruités.

Soulignant l’augmentation alarmante de l’usage de la cigarette électronique chez les enfants, il a alerté sur le fait que l’industrie faisait la promotion de nouveaux produits sur les réseaux sociaux « espaces où les enfants et les jeunes construisent leur identité ». L’OMS souhaite des interdictions totales de la publicité et du parrainage du tabac, y compris pour les cigarettes électroniques et les pochons de nicotine aromatisés (sic).