Revenons au cas de Jean-Marie Vanlerenberghe (photo), ancien maire d’Arras et sénateur UDI du Pas-de-Calais. Il est rapporteur général de la Commission des Affaires sociales du Sénat et se trouve à l’origine de cet amendement sur la fiscalité du tabac à rouler qui va faire passer le sachet de 30 grammes de 7,40 à 9,20 euros (voir Lmdt des 5 et 6 novembre). De même qu’il ne s’est pas opposé à l’amendement de Michèle Delaunay dont la conséquence risque de mener, purement et simplement, à la disparition du marché des cigares/cigarillos en France (voir Lmdt des 23, 30, 31 octobre et du 3 novembre).
On peut comprendre qu’un éminent sénateur, comme ses collègues de la Commission des Affaires sociales, soit avant tout motivé par la santé publique et la lutte contre le tabagisme. Et qu’il estime, à priori, que l’outil de la fiscalité, et donc des prix, soit pertinent.
Reste que l’on est en droit d’attendre d’un élu de la République un certain sens des réalités avant de proposer toute mesure. Car dans le Pas-de-Calais, du fait du niveau actuel des prix, le marché officiel du tabac connait déjà une forte chute en volume : il s’est rétréci de plus du quart, depuis 2010… Avec les dégâts collatéraux correspondants : développement d’un marché parallèle échappant à tout contrôle ; fermetures de ces commerces de proximité que sont les buralistes, une trentaine depuis le début de l’année.
Pour être plus précis, le marché officiel du tabac (tous produits confondus) du Pas-de-Calais dégringole de la façon suivante : -6,7 % en 2011 (par rapport à 2010) ; -10,5 % en 2012 ; -10,6 en 2013 : -8,2 % à fin octobre de cette année. Toujours en volume. En valeur, nous en sommes à -10,5 % entre 2010 et 2013.




