Bernard Cazeneuve a profité d’une interview dans Le Journal du Dimanche pour traiter, en mode « clin d’œil », l’hypothèse de nouvelles taxes comportementales (dont deux sur le tabac et la cigarette électronique), promptement démentie par le gouvernement la semaine dernière (voir Lemondedutabac du 12 septembre) : « si vous parlez des idées de taxes exotiques qu’ on a vues fleurir, comme par exemple une taxe sur le vin au pamplemousse rose … Et pourquoi pas sur l’avocat à pois verts ou sur la cacahuète violette ! Nous n’avons jamais proposé cela, c’est absurde ».
On notera que François Hollande, lors de son intervention télévisée d’hier soir, est allé dans le même sens (pas de nouvelles taxes pour la sécurité sociale).
La force de tous ces démentis gouvernementaux (voir aussi Lemondedutabac du 13 septembre) semble ramener à un certain bon sens, mêlé de réalisme. Il n’en reste pas moins que la taxe sur la distribution du tabac (voir Lemondedutabac des 28 août et 10 septembre) serait toujours dans les tuyaux. Elle pourrait passer au niveau de l’examen interministériel dès cette semaine. Et puis, en période de discussion budgétaire, toute initiative parlementaire peut encore survenir … Sans oublier l’augmentation de la TVA au 1er janvier.
Petit problème : qui discute avec qui ? Du côté de l’administration, le recrutement d’un nouveau directeur des Droits indirects à la DGDDI (le poste occupé précédemment par Henry Havard, voir Lemondedutabac du 2 juillet) n’était toujours pas bouclé la semaine dernière. Rappelons que les Droits indirects, ce n’est pas que le tabac. Il faut tabler sur pas moins de 60 milliards d’euros de rentrées fiscales (produits pétroliers, alcools, etc.). Un poste essentiel quand se discute le budget 2014.
Néanmoins, il faut souhaiter que le climat incitant à la raison, affiché par le gouvernement, permette un dialogue plus équilibré entre parties prenantes, réellement représentatives, du dossier : en intégrant les impératifs de santé publique tout en tenant compte des réalités d’un secteur du tabac toujours déséquilibré par l’emprise du marché parallèle. La cigarette électronique ne saurait tout expliquer.




