Alors que le débat sur une « taxe soda » a repointé le bout de son nez en France (voir Lmdt du 22 juin), la ville de Philadelphie a pris l’initiative. Le 17 juin, la municipalité a voté une taxe de de 0,51 dollar (0,45 euro) par litre de soda et autres boissons sucrées, y compris les basses en calories, à l’exception de celles composées d’au moins 50 % de lait ou de fruits frais. Applicable au 1er janvier 2017, cette taxe concerne revendeurs, commerces et restaurants
L’idée d’une telle taxe y avait été rejetée deux fois dans le passé et une quarantaine de villes s’étaient aventurées sans succès sur ce terrain, dont New York (voir Lmdt du 4 août 2013). Cette fois, la disposition a été adoptée par 13 voix à 4 par le conseil municipal.
La mesure a suscité un intense débat dans cette ville de 1,5 million d’habitants (la cinquième plus grande des États-Unis) où plus de 68 % des adultes et et 41 % des enfants sont en surpoids ou obèses. Philadelphie, où 26,7 % de la population vit au-dessous du seuil de pauvreté, est aussi parmi les grandes villes américaines qui comptent le plus fort taux de problèmes d’hypertension et de maladies cardio-vasculaires.
Mais le nouveau maire depuis janvier, Jim Kenney (démocrate) a choisi de ne pas se positionner exclusivement sur le terrain de la santé. Il a préféré faire valoir que les 91 millions de dollars annuels attendus de cette taxe seraient principalement utilisés pour offrir des milliers de places supplémentaires dans les écoles maternelles et financer les centres de loisirs ainsi que des aires de jeux.
Un porte- parole de Coca-Cola a prédit « le pire marché noir de boissons non alcoolisées depuis la prohibition dans les années 20-30 ».




