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23 Nov 2013 | International
 

Mesa del tabacoL’Andalousie, la région espagnole la plus touchée par le marché parallèle du tabac, accueille une campagne originale, « une première », puisqu’elle vise à mobiliser directement le citoyen sur les graves conséquences de la contrebande. Exercice pas évident … mais réussi, en la circonstance. La campagne «  Stop au tabac de contrebande » est lancée par la très active Mesa del Tabaco, une plateforme réunissant toute la filière du tabac, d’amont en aval (voir Lemondedutabac des 3 novembre et 25 mai). Dans la presse écrite, sur les radios, par affichage et via un site internet dédié.

« A mí me importa » (Moi, cela me concerne). La campagne s’adresse au principal concerné, le citoyen, sur les dommages de la contrebande en termes de facilité d’accès aux jeunes, de financement d’organisations criminelles ou de perte de rentrées fiscales.

Oui, la contrebande est un grave problème de société « qui a des conséquences dans toutes les facettes de notre vie quotidienne et qui doit compter sur la nécessaire implication de l’ensemble de la société … Les forces de police sont en train d’accomplir un excellent travail, mais ce n’est pas suffisant » a expliqué Juan Páramo, porte-parole de La Mesa del Tabaco.

Et c’est sur le site que le citoyen andalou peut mesurer l’impact du phénomène. Inexistante il y a encore quelques années, la contrebande (dans un pays pourtant à bas prix) est estimée à 12% des ventes au niveau de la Péninsule, à 40% sur des provinces comme Cadiz ou Séville. Sujet hautement sensible dans la conjoncture espagnole : les pertes fiscales atteignent 1,2 milliard d’euros, déjà.

Autre statistique : selon une étude Millward Brown, la contrebande serait la cause d’une baisse des ventes de l’ordre de 38% chez les « estanqueros » sur l’année dernière : « les consommateurs n’ont pas arrêté de fumer, ils ont arrêté de venir au débit ». Et ce n’est pas le phénomène de la cigarette électronique qui démarre lentement qui a pu jouer.

Enfin, la Directive Tabac ne ferait qu’aggraver le développement du marché parallèle : il pourrait atteindre 23% sur l’ensemble du pays, selon une étude d’analystes financiers, soit une perte fiscale de 1,7 milliard d’euros.