Pour lutter contre les trafics de tabac dans le département (et en réponse à la présidente sarthoise des buralistes / voir 27 février), les services douaniers multiplient les contrôles, les opérations et les enquêtes. Laure-Anne Lassalle, cheffe divisionnaire des Douanes de Sarthe, Mayenne et Maine-et-Loire, en dit plus sur le plan d’actions mises en place dans un interview à Ouest France.
Ouest France : Le trafic de tabac augmente-t-il en Sarthe ?
Laure-Anne Lassalle : On observe effectivement des résultats en progression. Même si nous n’avons que des chiffres régionaux. En 2023, nous avons fait 270 constatations de tabac et on a saisi 3,3 tonnes de tabac.
On a mis un plan d’action en marche pour les deux années 2024-2025 où on a adapté nos moyens de contrôle. Nous avons quatre axes prioritaires. On améliore le renseignement douanier, on a renforcé nos moyens d’action et d’enquête, on a adapté notre politique contentieuse et le cadre juridique et on travaille sur la communication pour sensibiliser le grand public aux dangers du trafic illicite.
On organise beaucoup d’opérations conjointes avec l’EDSR 72 (Escadron départemental de la Sécurité routière de la gendarmerie) sur l’A11 et l’A28 avec la brigade du Mans. Ça nous permet d’avoir un gros effectif, de mutualiser nos moyens. L’année dernière, on a fait beaucoup de contrôles dans des épiceries, des bars, des boutiques, pour lutter contre la fraude de revente de tabac illégale. Le préfet de la Sarthe, après une saisie, a fermé un établissement pendant trois mois.
Ouest France : Est-ce qu’on a une explication de la hausse de ce trafic ?
Laure-Anne Lassalle : Il y a de la demande, donc l’offre s’adapte. On a une différence de prix importante entre le marché légal et illicite.
On voit plusieurs profils se dégager dans cette délinquance. Il y a d’abord des communautés familiales avec, par exemple, un couple qui va partir au Luxembourg ou dans des pays limitrophes et qui va revenir avec du tabac pour ses proches et ses collègues. On va avoir un deuxième profil qui va faire le même acheminement mais qui va, lui, revendre sur internet via les réseaux sociaux.
Après, on a la criminalité organisée comme ce qu’on a vu à Angers en janvier 2024, où 17 tonnes de tabac avaient été retrouvées. Là, ce sont des grosses quantités (voir 24 février 2024). Le dernier, qui est assez récent, ce sont les usines clandestines directement implantées sur le territoire. On n’en a pas découvert en Sarthe.
Ouest France : La Sarthe connaît-elle plus de contrebande de tabac que ses départements voisins ?
Laure-Anne Lassalle : Il y en a moins en Mayenne mais les résultats entre la Sarthe et le Maine-et-Loire sont très proches.




