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1 Mar 2025 | Trafic
 

Pour lutter contre les trafics de tabac dans le département (et en réponse à la présidente sarthoise des buralistes / voir 27 février), les services douaniers multiplient les contrôles, les opérations et les enquêtes. Laure-Anne Lassalle, cheffe divisionnaire des Douanes de Sarthe, Mayenne et Maine-et-Loire, en dit plus sur le plan dactions mises en place dans un interview à Ouest France

Ouest FranceLe trafic de tabac augmente-t-il en Sarthe ?

Laure-Anne Lassalle : On observe effectivement des résultats en progression. Même si nous navons que des chiffres régionaux. En 2023, nous avons fait 270 constatations de tabac et on a saisi 3,3 tonnes de tabac. 

On a mis un plan daction en marche pour les deux années 2024-2025 où on a adapté nos moyens de contrôle. Nous avons quatre axes prioritaires. On améliore le renseignement douanier, on a renforcé nos moyens daction et denquête, on a adapté notre politique contentieuse et le cadre juridique et on travaille sur la communication pour sensibiliser le grand public aux dangers du trafic illicite. 

On organise beaucoup dopérations conjointes avec lEDSR 72 (Escadron départemental de la Sécurité routière de la gendarmerie) sur lA11 et lA28 avec la brigade du Mans. Ça nous permet davoir un gros effectif, de mutualiser nos moyens. Lannée dernière, on a fait beaucoup de contrôles dans des épiceries, des bars, des boutiques, pour lutter contre la fraude de revente de tabac illégale. Le préfet de la Sarthe, après une saisie, a fermé un établissement pendant trois mois. 

Ouest FranceEst-ce qu’on a une explication de la hausse de ce trafic ? 

Laure-Anne Lassalle : Il y a de la demande, donc loffre sadapte. On a une différence de prix importante entre le marché légal et illicite.

On voit plusieurs profils se dégager dans cette délinquance. Il y a dabord des communautés familiales avec, par exemple, un couple qui va partir au Luxembourg ou dans des pays limitrophes et qui va revenir avec du tabac pour ses proches et ses collègues. On va avoir un deuxième profil qui va faire le même acheminement mais qui va, lui, revendre sur internet via les réseaux sociaux.

Après, on a la criminalité organisée comme ce quon a vu à Angers en janvier 2024, où 17 tonnes de tabac avaient été retrouvées. Là, ce sont des grosses quantités (voir 24 février 2024). Le dernier, qui est assez récent, ce sont les usines clandestines directement implantées sur le territoire. On nen a pas découvert en Sarthe. 

Ouest France : La Sarthe connaît-elle plus de contrebande de tabac que ses départements voisins ?

Laure-Anne Lassalle : Il y en a moins en Mayenne mais les résultats entre la Sarthe et le Maine-et-Loire sont très proches.