Une fenêtre sur l’actualité quotidienne de tous les événements liés directement ou indirectement au tabac
27 Fév 2025 | Profession
 

La contrebande de tabac alimente les affaires jugées au tribunal du Mans (Sarthe) ces dernières semaines (voir 15 février, 11 janvier). 

Ce trafic, allié à une hausse de cambriolage, plonge surtout les buralistes sarthois dans linquiétude. En cause une baisse des ventes. Témoignages dans Ouest France 

« En Sarthe, on a la médaille dor du trafic de tabac » : derrière son comptoir, Laurence Proust, la présidente des buralistes de la Sarthe (et membre du Conseil d’administration de la Confédération) sort plusieurs paquets de tabac, a priori légaux : « j’en ai recueilli vingt comme ça dernièrement. Après analyse, on a découvert que dix-huit sont de contrefaçon et deux de contrebande ».

Les récentes peines requises au tribunal du Mans apaisent, légèrement, la buraliste installée à Sablé-sur-Sarthe. « On milite pour des peines plus dures », proteste-t-elle, « le trafic de tabac alimente les réseaux mafieux mais lorsque cest de la cigarette, elles (les peines) sont moins importantes que pour la drogue ».

Si la présidente départementale prend autant ce sujet à cœur, cest parce quil affecte de manière grandissante les chiffres de ses confrères. « En Sarthe, on a connu une baisse de vente de 11 % en 2024 par rapport à 2023, à cause de la contrebande principalement », déplore-t-elle. Et les conséquences sont là. Chaque année, le département perd deux buralistes en moyenne. On en compte 251 aujourd’hui. « Cest très inquiétant pour la pérennité de nos affaires ».

En France, le prix moyen du paquet de cigarettes grimpe exagérément… « Ça devient un produit de luxe », assure-t-elle. Et ce produit attire les voleurs. Et cette année, on recense, déjà, deux à Montval-sur-Loir et au Grand-sucé (voir 14 février), et deux à Oizé et Requeil (voir ce jour, ci-dessous).

Les préjudices restent variables : 3 000 euros de tabac volés pour certains, jusqu’à 19 000 euros pour d’autres. Ces effractions poussent les buralistes à densifier les systèmes de sécurité de leur établissement. Ce qui a un coût. « On travaille 70 heures par semaine, on se bat pour boucler les fins de mois et on doit aussi se battre contre ces délinquants. Ça devient fatigant » témoigne la buraliste de Requeil.  

En plus de la colère, c’est l’inquiétude qui gagne de plus en plus. « On est soucieux de la baisse des ventes à cause de la contrebande et maintenant des cambriolages et braquages. Quel est notre avenir ? ». Photo : Ouest France