Alberto Alemanno, titulaire de la chaire Jean Monnet auprès d’HEC Paris, a suivi de près tout le processus d’ élaboration de la Directive Tabac, en défendant la thèse radicale d’ une véritable interdiction des produits du tabac. Dans une tribune parue sur le site d’information Huffington Post, ce lundi 11 février, il appelle à une Directive pionnière, « un cadre légal ambitieux qui pourrait transformer l’industrie du tabac et remettre l’Union européenne en première ligne dans le domaine de la législation anti-tabac ». Façon indirecte de nous démontrer le caractère radical de cette même Directive …
Alberto Alemanno décèle, ainsi, dans les propositions de la Directive, plusieurs vraies avancées :
• « L’idée d’interdire les cigarettes fines et les cigarettes au menthol (ainsi que d’autres produits du tabac possédant une saveur caractéristique) est inédite à l’échelle mondiale .
• « Même si la Commission s’est finalement refusée (pour des raisons juridiques principalement) à proposer l’introduction de paquets complètement neutres, son choix d’opter pour un packaging largement standardisé aura pour conséquence d’imposer des emballages de cigarettes dont l’aspect sera très proche des paquets mis en place en Australie ». Et d’ajouter : « Les états membres étant libres d’introduire des règles plus strictes, les emballages pourraient devenir encore plus standardisés ».
• Tout aussi intéressant, selon le chercheur, l’approche de la Commission vis-à-vis des produits qui ne sont pas à base de tabac (mais à base de plante ou contenant de la nicotine) : « la position relative aux produits de substitution s’appuie sur une politique promouvant l’abstinence comme seule méthode de prévention et rejette de facto une politique de réduction des risques ».
Comme quoi, le texte actuel de la Directive peut prêter à une interprétation pas aussi « équilibrée » et « raisonnable » que ne le disent certains.




