
Le chef du magasin central de la prison, par ailleurs délégué CGT, sa sœur, directrice des Finances de l’établissement, et son épouse seront jugés en avril à Évry. Nous reprenons une information de l’AFP et du Figaro.
L’enquête évoque un préjudice de plus d’un million d’euros :
la directrice des affaires financières de la prison de Fleury-Mérogis (Essonne), son frère surveillant et la femme de ce dernier seront jugés en avril à Évry pour leur participation présumée à un trafic de cigarettes. Cette cadre âgée de 47 ans, son frère de 49 ans et l’épouse de ce dernier, 38 ans, ont été interpellés en début de semaine dernière et renvoyés en comparution devant le tribunal correctionnel.
À la demande des prévenus, le dossier a été renvoyé au 16 avril pour qu’ils puissent préparer leur défense. David D., surveillant au centre pénitentiaire depuis 2012 et délégué syndical CGT, est le principal mis en cause dans cette affaire. En tant que chef du magasin central de la prison, où les détenus ont la possibilité de cantiner, il a reconnu avoir détourné des cigarettes destinées à être vendues aux détenus pour les revendre à profit en dehors de la prison.
« Les formats des paquets de cigarettes destinées aux détenus étant différents de ceux que l’on trouve à l’extérieur, des policiers ont mis au jour ce vaste trafic lors d’un banal contrôle sur la voie publique », explique une source proche du dossier. Selon les éléments de l’enquête menée par la brigade des stupéfiants de Juvisy-sur-Orge et le groupe interministériel de recherches du département, ce trafic a duré entre janvier 2020 et début 2026, occasionnant pour l’administration pénitentiaire un préjudice estimé à plus d’un million d’euros.
La sœur et supérieure hiérarchique de David D., Audrey D., qui nie avoir eu connaissance de ce trafic, est suspectée d’avoir « permis par négligence » ce détournement, en ne portant pas « une vigilance suffisante » sur les stocks et leur gestion. Elle est aussi soupçonnée d’avoir profité de vacances payées par son frère avec le fruit de ce trafic.
Lors de la perquisition chez David D. et son épouse Sandrine M., infirmière et seule prévenue ne travaillant pas au sein de la prison, les enquêteurs ont découvert plus de 180 000 euros en espèces dans un coffre-fort et des cartouches de cigarettes.
David D. a principalement utilisé l’argent issu de ce trafic « pour financer des dépenses de vie courante, pour (sa) famille, des voyages, des opérations d’embellissement » du domicile du couple, a énuméré la magistrate, notant que ses comptes ne montraient « aucun mouvement financier depuis plusieurs années ».
À l’issue du renvoi, les deux femmes ont été placées sous contrôle judiciaire avec interdictions de contacter leurs co-prévenus et de sortir du territoire. David D., qui comparaissait détenu, a fait l’objet d’un mandat de dépôt et sera incarcéré à la maison d’arrêt de la Santé dans l’attente de son procès.
« Cette histoire a été très mal vécue par les agents sur place. Une cellule psychologique a d’ailleurs été mise en place »,
indique au Figaro Didier Kandassamy, secrétaire régional FO Pénitentiaire en Île-de-France. « Ce que l’on constate, c’est que le risque corruptif est à tous les niveaux », déplore-t-il. Ce dernier réclame qu’une enquête administrative interne soit menée.




