C’est la polémique du jour. Après la parution de travaux sur les effets relativement peu nocifs de la cigarette électronique sur la microcirculation coronaire (voir Lemondedutabac du 3 septembre), une étude vient d’être publiée par la revue médicale britannique The Lancet tendant à montrer que la cigarette électronique est au moins aussi efficace que le patch.
Présentée par le Professeur Chris Bullen, de l’université d’Auckland, cette nouvelle recherche porte sur le comportement, pendant six mois, de 657 fumeurs ayant voulu arrêter la cigarette. Dans cet échantillon, certains ont utilisé un patch et d’autres, la cigarette électronique.
Au bout des six mois, 7,3% des fumeurs ayant eu recours à la e-cigarette sont parvenus à arrêter totalement de fumer, contre 5,8% pour les utilisateurs de patch à la nicotine.
Concernant les fumeurs qui n’ont pas réussi à arrêter, 57% de ceux utilisant la e-cigarette ont réussi cependant à diviser par deux ou plus leur consommation, alors que seulement 41% des utilisateurs de patch sont parvenus au même résultat. Toujours parmi cette population de ceux qui n’ont pas réussi à arrêter, un tiers des consommateurs de cigarette électronique a continué à l’utiliser après les six mois (contre 8% des utilisateurs de patch).
« Le résultat ne montre pas de différence très nette entre e-cigarette et patch pour l’arrêt, mais il semble bien que la cigarette électronique soit plus efficace pour aider les fumeurs à réduire leur consommation » a commenté le Professeur Chris Bullen.
D’autres études vont inévitablement être produites prochainement sur la moindre nocivité de la e-cigarette par rapport à la cigarette conventionnelle et sur son efficacité en comparaison au patch … Sauf que les scientifiques ne seront jamais d’accord et ne pourront arriver à des conclusions définitives.
Voilà pourquoi, au-delà de ce brouhaha, l’opinion publique fait appel à son bon sens pour trancher de plus en plus en faveur d’une moindre nocivité de la cigarette électronique (les dangers de la combustion d’une cigarette conventionnelle sont connus). En même temps, le grand public se pose toujours des questions sur la traçabilité et d’éventuels dangers à long terme des composants de la cigarette électronique. Surtout, il ne comprend pas les atermoiements des pouvoirs publics sur la définition d’une réglementation claire.
C’est maintenant devenu un sujet de société : il est possible de fumer différemment ; il est possible de fumer à moindre nocivité. Le débat devrait connaître d’autres rebondissements.




