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L’étude comparative néo-zélandaise « patch/cigarette électronique », révélée par The Lancet il y a une semaine (voir Lemondedutabac du 8 septembre), serait-elle en fait une arme à double tranchant ? En l’occurrence, pourrait-elle être interprétée comme un argument en faveur d’un classement dans la catégorie « médicament de sevrage tabagique ». Retour sur une polémique qui s’est répandue dans les médias.

Le CACE (Collectif des acteurs de la cigarette électronique) s’est empressé, dans une dépêche AFP, de mettre en garde sur « des conclusions hâtives sur le statut de la e-cigarette : « ce produit constitue avant tout un produit de plaisir et non de sevrage, même si sa consommation peut se traduire en effet par une réduction voire un arrêt de la consommation de tabac ». Au contraire, soutient le collectif, « l’assimilation à un médicament disqualifierait définitivement la cigarette électronique comme produit de transition pour les fumeurs ».

Une position soutenue par Antoine Flahault (professeur de médecine à l’université Paris Descartes et ancien directeur de l’Ecole des hautes études en santé publique), relayée dans plusieurs articles (lesechos.fr, le blog du Monde). Le professeur appelle de ses vœux une diffusion massive de la e-cigarette qui réduit le risque de 99% par rapport à la cigarette conventionnelle. La cigarette électronique est une aubaine et « il serait d’autant plus criminel de ne pas en profiter que les politiques publiques de lutte contre le tabac semblent pour le moins en panne ».

Du côté des spécialistes français, les résultats de l’enquête néo-zélandaise a même semé le trouble. Dans un article du Figaro du 10 septembre, Bertrand Dautzenberg (président de l’Office français de Prévention du Tabagisme et auteur du rapport sur la e-cigarette) regrette « au final, ça ne marche pas mieux que les patchs. Les résultats de l’étude sont beaucoup moins puissants qu’on ne l’attendait ».
Gérard Mathern, pneumologue et secrétaire général de la Société française de tabacologie, en conclut que « la cigarette électronique n’est pas une arnaque, mais ce n’est pas une solution miracle ».
Ivan Berlin, son prédécesseur, se dit déçu par les résultats, suggérant « d’augmenter la dose de nicotine dans la e-cigarette, pour améliorer le sevrage ».

On est loin des conclusions hâtives …