Grande enquête de l’hebdomadaire de référence du monde de la «com», Stratégies, consacrée à la bataille d’influence et de communication qui se joue autour de la cigarette électronique en l’attente d’une clarification sur son statut.
• Côté lobbying. Sans faire de révélations intéressantes, l’article met en scène les acteurs français en action dans les travées des Parlements, tant à Paris qu’à Bruxelles.
On les connaît :
. le Cace (Collectif des Acteurs de la Cigarette électronique) conseillé par l’agence Havas Paris
. l’Association indépendante des Utilisateurs de Cigarette électronique (Aiduce), forte de 3 000 membres et d’un puissant forum de discussion de consommateurs au «discours rodé»
. les associations antitabac : le Dr Bertrand Dautzenberg, président de l’Office français de Prévention du Tabagisme ; et à demi-mot, le Comité national contre le Tabagisme (CNCT)
. les buralistes, classés dans le camp des « anti », qui souhaitent obtenir l’exclusivité de la vente des e-cigarettes.
Corinne Lepage fait remarquer cependant qu’elle n’a rencontré aucun lobbyiste durant la discussion sur la Directive Tabac …
A Paris aussi, le lobbying battrait son plein. « La taxation de l’e-cig a été un vrai enjeu dans le cadre du projet de loi de finances 2014 », confie Murielle Jullien, directrice «Parlement» au cabinet de conseil en lobbying Séance publique.
• Côté publicitaire. En l’attente d’une clarification sur l’application ou non de la loi Evin, les messages publicitaires et les budgets se développent à tout va.
. D’après Kantar Media, l’e-cigarette a représenté 4,1 millions d’euros bruts d’investissements publicitaires de janvier à décembre 2013, soit 175 insertions. Bien plus que les 104 000 euros bruts investis en 2012. «Une poignée de chaînes et de régies publicitaires profitant du flou avant une interdiction éventuelle ». Ainsi, la régie publicitaire discount Urgence Media a proposé à des annonceurs à petits budgets des publicités dans un quinzaine de radios (RTL 2, RMC Info, Skyrock,…). Des propositions d’espaces à coûts réduits sans choix d’horaires.
. L’Autorité de Régulation professionnelle de la Publicité (ARPP) a reçu des questions sur le sujet : « on ne s’oppose pas à la publicité de ces produits. Nous avons des restrictions : les annonceurs ne doivent pas revendiquer un sevrage tabagique, le produit doit être présenté de manière neutre, sans propagande indirecte au tabac », précise Stéphane Martin, le directeur général.
. La technique du placement de produits (dans des films) arriverait. Selon Stratégies, l’agence de placement de produits Casablanca a proposé à un fabricant une opération dans le film « 36 heures à tuer » avec Joey Star, Manu Payet et Alice Belaïdi. Un autre acteur du secteur a proposé une opération dans le prochain clip musical du collectif Team BS, composé de La Fouine, Sultan, Fababy et Sindy, issue de Popstars 2013, avec pour cible explicite « les 18-35 ans, masculine à 70% ».
Alors où en est la « fameuse » circulaire encadrant (voire interdisant) la publicité émise par Marisol Touraine ? Un sujet toujours sensible confie le cabinet de Marisol Touraine : « les travaux sont engagés et des concertations sont en cours avec les acteurs du secteur ».




