Une fenêtre sur l’actualité quotidienne de tous les événements évoquant directement ou indirectement le tabac
27 Juil 2021 | Observatoire
 

La Croix revient sur l’arrêté concernant la nouvelle réglementation du CBD (voir 22 juillet 2021) qui vient d’être notifié à Bruxelles. Soit un bon tour d’horizon du sujet. 

•• Ce texte change la donne pour les producteurs français de chanvre, note La Croix.

Jusqu’à présent, ceux-ci ne pouvaient exploiter que les graines et les fibres de la plante. Ils pourront désormais récolter les fleurs qui concentrent le CBD pour l’extraire, ouvrant la porte à une production « made in France ».

« C’est un changement que l’on attendait et qui va permettre aux 2 000 cultivateurs français de chanvre de trouver de nouveaux débouchés et de lutter contre la concurrence grandissante des producteurs de l’Est » se réjouit Ludovic Rachou, président de l’Union des Industriels pour la Valorisation des Extraits de Chanvre (UIVEC).

Les fabricants français de produits CBD pourront donc désormais faire appel à la production locale.

Avec l’espoir de développer encore davantage un marché en plein essor qui pèse déjà 700 millions d’euros  par an, à travers une large gamme disponible dans les boutiques spécialisées mais aussi chez les buralistes et en grande distribution. Carrefour, par exemple, commercialise « de l’huile de chanvre naturelle au CBD » et Monoprix propose une palette de produits de « l’infusion au chanvre » au « chewing-gum relaxant ».

•• Si les industriels du chanvre se montrent plutôt satisfaits du nouvel arrêté, ce n’est pas du tout le cas de l’autre versant du secteur, celui des centaines de petites boutiques qui ont essaimé ces derniers mois sur le territoire.

Si ces commerces vendent de nombreux produits contenant des extraits de CBD, une bonne part de leur chiffre d’affaires se fait en réalité avec les fleurs. Officiellement, elles se voient souvent assorties d’un avertissement qui ne trompe personne : « ne pas fumer ». C’est pourtant ce que vont s’empresser de faire l’immense majorité des acheteurs. « Ce cannabis light, que l’on trouve même dans certains bureaux de tabac, est un produit extrêmement rentable, laissant des marges colossales. C’est pour cela que cela attire autant », explique un bon connaisseur du marché.

L’arrêté préparé par le Gouvernement n’entend toutefois pas légaliser cette pratique. Au contraire, il l’interdit noir sur blanc. « Le texte bunkérise une pratique de prohibition et menace l’activité de centaines d’entreprises » s’offusque Charles Morel, président de l’Union des professionnels du CBD.

•• Le Gouvernement, de son côté, relève que les décisions de justice autorisant le CBD n’empêchent nullement d’encadrer son usage.

Pour appuyer sa volonté d’interdire le commerce des fleurs, il met en avant deux arguments :
sanitaire, d’abord, puisque les fleurs et feuilles seront le plus souvent fumées, ce qui n’est évidemment pas sans conséquence sur la santé ;
sécuritaire, surtout, car les forces de l’ordre auraient alors bien du mal à faire le tri entre un fumeur de cannabis illicite et un fumeur de cannabis sans THC, conclut le quotidien.