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17 Avr 2016 | Observatoire
 

CannabisManuel Valls a fait bloquer net la relance de Jean-Marie Le Guen sur la dépénalisation du cannabis (voir Lmdt du 13 avril). Débat dans lequel les buralistes se retrouvent régulièrement inscrits … Pour preuve, le « contre » et le « pour » de deux députés de l’Hérault.

• Le député LR Élie Aboud s’exprime dans le Midi Libre du 14 avril :  « la légalisation du cannabis, j’y suis hostile, et encore plus hostile désormais … On ne peut pas faire de la politique à géométrie variable. On ne peut pas surtaxer le tabac, emmerder les buralistes et ensuite légaliser le cannabis !

« Tous les experts ont démontré les effets délétères du cannabis sur les capacités mnésiques et intellectuelles des plus jeunes. Au moment où un produit est néfaste, désolé, je ne céderai pas, même si on me montre tous les chiffres possibles. Après, je suis toujours prêt pour un débat intelligent, avec des experts, en comparant avec ce qui se fait à l’étranger, etc. Par contre, sortir ce débat maintenant, alors que l’on est en train de calmer les jeunes sur la loi El Khomri, ça c’est machiavélique !

« Pendant que, dimanche, Valls parlait avec les organisations d’étudiants et lycéens, une autre rencontre avec des jeunes se déroulait à Solférino (le siège du PS, ndlr), en présence de cadres du parti, dont Jean-Marie Le Guen probablement. Et deux heures après, il nous sort le cannabis du chapeau ! C’est cousu de fil blanc. Comme si on donnait ainsi l’impression de faire un geste pour les jeunes. C’est d’ailleurs pénible de réduire les jeunes à cette image ! Et pourquoi n’ont-ils pas dit un mot sur le cannabis dans le cadre de la loi santé, il y a plusieurs mois de ça ? C’était pourtant le moment, non ? »

• Sur France Bleu Hérault et dans Le Midi Libre du 14 avril, Anne-Yvonne Le Daim, députée socialiste  – et auteur d’un rapport « Drogue que fait-on ? » édité en 2014 et réactualisé en 2015 – a rappelé sa proposition d’un encadrement par l’État de la vente du cannabis : « je pense qu’il faut aller vers une distribution sous contrôle de l’Etat, soit chez les pharmaciens, soit chez les buralistes, pour un usage personnel (chez soi et pas dans des lieux publics) et assortie d’une interdiction de vente aux mineurs. 

« Le nombre de consommateurs ne cesse d’augmenter, dans tous les milieux, partout, en ville comme dans les campagnes, à tous âges, même chez les plus de 65 ans ! Et les gens sont de plus en plus en autoproduction, avec la serre dans la chambre ou la salle de bain ! Sans parler du trafic qui se développe » ajoute la députée.