Ouverte, il y a une semaine, par une déclaration de Vincent Peillon (ministre de l’Education nationale), le débat sur la dépénalisation, voire la légalisation, du cannabis rebondit encore dans la presse de ce week-end.
• Dans Le Figaro de ce 20/21 octobre, la chroniqueuse Natacha Polony revient sur l’assimilation – à laquelle se laissent aller un nombre croissant d’intervenants – du cannabis au tabac. L’un de ces « navrants poncifs des amateurs de pétard festif ». Les partisans du cannabis « nient les données médicales sur les dégâts irréversibles causés au cerveau et l’effet de désocialisation chez les fumeurs réguliers. De même qu’ils oublient que le nombre d’accidents sous l’emprise du cannabis explose. Voilà qui invalide la
comparaison avec le tabac ».
•
Dans Libération du 19 octobre, deux psychiatres-addictologues (Michel Hautefeuille et Emma Wieviorka) se prononcent, sans nuances, en faveur « d’une légalisation du commerce des drogues, sous contrôle de l’Etat, qui permettrait de tarir le trafic et la délinquance associée, de mettre fin aux économies parallèles et à leurs conséquences économiques, sociales et familiales ».
•
Dans Les Echos du 19/20 octobre, l’économiste François Meunier (ancien directeur de la Coface), émet le même avis. « Le consommateur préférerait aller chercher son cannabis au tabac du coin plutôt que dans les quartiers louches ». Suite du raisonnement : « A demande identique, le prix légal, contrôlé par la taxe, peut être plus élevé que le prix illégal. La rente fiscale sera plus forte que la rente des malfrats, ce qui tient au fait que l’Etat, ayant le monopole de la légalité, est en mesure de monétiser ce monopole. L’Etat peut même piloter la taxe pour réduire la demande, jusqu’au niveau bien sûr où réapparaît un marché illicite, comme le montre la renaissance récente de la contrebande des cigarettes ». Et l’on repart sur l’assimilation du cannabis au tabac. Mais sous un autre angle …




