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13 Avr 2013 | Observatoire, Profession
 

On en sait un petit peu plus sur le documentaire polémique – « Tabac : nos gosses sous intox » – qui sera diffusé sur Canal Plus le 17 avril (voir Lemondedutabac du 9 avril) et qui a été conçu  et réalisé par Paul Moreira. Ce dernier ayant déjà mis son talent au service de reportages destinés à faire sensation, souvent sur un mode morbide (« Travailler à en mourir » ; « Mourir pour la voiture »).

Sur ce sujet grave et sérieux « des enfants et du tabac », notre reporter – qui ne manque jamais de parti-pris, notamment sur le plan politique – a une opinion bien précise à proposer : les professionnels du tabac n’ont de cesse que de pousser les jeunes à fumer pour sauver leur marché. Et Paul Moreira de ressortir la vieille ficelle du « complot des multinationales ». Histoire d’aiguiser son propos et de produire ce relief dont les documentaires ont besoin pour passer en « prime time ».

Pour cela, l’émission répond à la logique d’un story board où des faits ou anecdotes épars sont reliés entre eux pour documenter la logique d’une argumentation précise : de cette image terrible d’un petit gamin indonésien fumant (inspirée de ces photos ou vidéos choquantes ayant déjà fait mille le fois le tour du monde sur internet) à des scènes de fêtes de jeunes, en Suisse, où des cigarettes sont distribuées gratuitement.

Sinon, on devrait, notamment, trouver parmi les éléments à charge : une mise en avant du livre « Golden holocaust » de Robert Proctor sur les archives de l’industrie américaine ( « tobacco documents », voir Lemondedutabac des 21 mars et 27 février 2012) ; l’utilisation de l’effigie d’une figure révolutionnaire par un fabricant luxembourgeois ; la présence du tabac dans le cinéma ; l’application des consignes données par un fabricant à son personnel dans le cadre de leurs contacts avec les journalistes (ce qui est le cas des grands groupes dans tous les secteurs : de la banque à l’industrie automobile). Plus d’autres exemples ne devenant éventuellement convaincants que parce qu’ils sont artificiellement associés à d’autres …

Un constat : Moreira explique que les fabricants emploient deux vecteurs pour capter les jeunes : le goût des produits et le packaging. Ce reportage vient à point nommé pour servir le projet de nouvelle Directive Tabac européenne. Il n’y a de bonne indignation qu’orientée.