Depuis trois ans, l’Agence des Services frontaliers du Canada (ASFC) saisirait de moins en moins d’alcool et de tabac. La direction juge les statistiques « plutôt stables ». Les syndicats, eux, dénoncent des réductions d’effectifs et la mise en place d’un nouveau système de contrôle dans les aéroports.
Avec 2395 prises en 2011, les employés de l’ASFC auront effectué 32% de saisies de tabac en moins qu’en 2009 . Et 2012 indique une chute en même proportion. La valeur de la marchandise interceptée serait même passée de 11 millions de dollars canadiens (environ 8,2 millions d’euros) en 2009, à seulement 3 millions l’an dernier (2,2 millions d’euros). Pour l’alcool, la baisse serait de 22% en volume.
Il y a une explication. Fort simple. Selon un responsable syndical, « des saisies, il risque d’y en avoir de moins en moins ». En cause, la réduction du nombre d’agents mais aussi les nouveaux dispositifs automatisés aux frontières.
En l’occurrence, des bornes libre-service, visant à diminuer le temps d’attente aux aéroports, comme à Vancouver et à Montréal : les voyageurs y insèrent leur passeport, leur carte de déclaration ainsi que les reçus des achats faits à l’étranger, le tout étant ensuite théoriquement vérifié par un douanier, en « back- up ». Avec ce système, qui va bientôt équiper d’autres aéroports, nombre de voyageurs fautifs passeraient beaucoup plus facilement dans les mailles du filet.
Rappelons que la contrebande de tabac au Canada fait aussi l’objet d’une guerre des chiffres : 15 à 17% pour les associations anti-tabac, 30 à 40% pour les détaillants (voir Lemondedutabac du 18 septembre 2012).




