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1 Mar 2026 | Profession
 

serdar kaya bureau tabac lineaire

Derrière son comptoir, Florence Lartigue, à Brive (Corrèze), ne s’appuie plus uniquement sur les paquets de cigarettes alignés derrière elle. Dans son bar-tabac devenu aussi bistrot, les vitrines mettent désormais en avant les cigarettes électroniques, les boissons et des produits de snacking. « Un client sur deux n’est plus fumeur », observe-t-elle.
« Aujourd’hui, on ne peut plus se reposer uniquement sur le tabac. » Le constat est partagé partout en France. Les ventes de tabac ont diminué de 11,5 % en 2024 par rapport à 2023, selon l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives. Sur un paquet vendu 11,50 euros, environ 82 % du prix revient à l’État.
« Le tabac reste notre ADN, mais ce n’est plus là qu’on se fait de la marge », résume Serdar Kaya, président national de la Confédération des buralistes.
C’est ainsi que débute un article de La Montagne (27 février) que nous reprenons.

À cela s’ajoutent la contrebande et les achats transfrontaliers. Dans le Lot, une buraliste raconte avoir « retrouvé une ancienne clientèle » lorsque les routes vers l’Andorre ont été coupées par des intempéries.
Face à cette pression, la diversification est devenue une nécessité. Grâce aux cigarettes électroniques, colis ou papeterie, les buralistes cherchent des produits plus rentables et susceptibles de générer du passage. « Aujourd’hui, 55 % des ventes concernent des produits à marge », affirme le représentant des buralistes en France. La cigarette électronique est devenue leur troisième source de revenus, derrière le tabac et la Française des jeux.

« On doit se réinventer »

À Varetz, en Corrèze, Marc Menu a transformé en 2022 son établissement de 80 mètres carrés. « Maintenant je vends des cadeaux, des alcools de luxe, des fleurs en plus des cigarettes et des vapes. Ça a considérablement augmenté le nombre de clients et mon chiffre d’affaires », confie-t-il.
Pour ces commerçants, la logique est simple : il faut multiplier les flux. Un client venu retirer un colis peut repartir avec un café ou un jeu à gratter. Florence Lartigue envisage même d’installer un distributeur automatique pour le café, afin de réduire ses charges salariales.

« Il faut évoluer avec la société, notre profession doit se réinventer », ajoute Serdar Kaya.

132 bars-tabacs ont fermé en 2025

Cette transformation est au cœur des consultations lancées par la Confédération en vue des prochaines négociations avec l’État, prévues en 2027. L’accord actuel prévoit 20 millions d’euros par an pour accompagner la profession, dont une part importante dédiée à la modernisation des points de vente. Environ 20 % des buralistes ont déjà franchi le pas.
Dans les négociations à venir, trois axes seront défendus : repenser la rémunération liée au tabac, développer davantage la distribution de produits de vapotage et renforcer la sécurité des établissements.

« Nous rencontrerons demain François Hollande, député de la Corrèze, pour discuter de notre volonté de continuer d’élargir notre activité économique », précise Frédéric Vergne, président des buralistes en Corrèze.

Le terrain est sensible, les pouvoirs publics veulent réduire la consommation de nicotine, quand la profession cherche, elle, à sécuriser ses revenus.
Les buralistes défendent leur statut de vendeurs agréés, encadrés par des règles strictes, notamment concernant l’interdiction de vente aux mineurs. Si le métier n’est pas en tension, l’équilibre est délicat dans certains territoires. 132 bars-tabacs ont fermé en France en 2025.

Pour préserver leurs marges et maintenir leur existence en zone rurale, les tabacs misent désormais sur un modèle plus large, où la cigarette n’est plus l’unique moteur économique.