Les buralistes sont en proie à une insécurité grandissante dans l’exercice de leur métier. Dans un interview à France 3 Grand Est, Pascal Brie (président de la Fédération des buralistes de l’Aube / voir 9 décembre 2023) déplore les conséquences directes des hausses des prix, notamment l’insécurité.
France 3 : À quoi sont confrontés les buralistes ?
• Pascal Brie : Ce que l’on veut mettre en évidence c’est la flambée de violence que connaît tout le réseau. Tous départements confondus, il y a une hausse des vols, des braquages et des risques d’arnaques contre les buralistes. Les faux billets ont toujours circulé, mais avec l’ère d’internet, nous recevons aussi de faux mails très bien faits qui portent sur des sujets professionnels. Il faut faire très attention, et en même temps, nous devons diversifier nos activités.
France 3 : Comment expliquer le regain de violence ?
• Pascal Brie : Il y a une origine à cela, ce sont les prix du tabac devenus complètement absurdes et en décalage avec les pays européens. La hausse des prix a une triple conséquence : sécuritaire, économique et sanitaire.
Sécuritaire d’abord car on sent que depuis la dernière hausse, le 1er février 2025, les violences ont augmenté. Économique ensuite avec le développement d’un marché parallèle. Un paquet sur deux est vendu sous le manteau, donc nous faisons face à un effondrement des volumes de 12,3% en décembre et janvier 2025 par rapport à 2024, ainsi qu’à une perte fiscale pour l’État. Enfin, sanitaire, avec l’explosion de contrefaçons. Des jeunes qui ne vont pas dans les bureaux de tabac se retrouvent en contact avec des réseaux mafieux. C’est un gros trafic. Depuis environ trois ans, sept usines clandestines ont été démantelées.
France 3 : Quelles sont les solutions pour lutter contre ces risques ?
• Pascal Brie : Nous avons un partenariat avec la Préfecture (voir 17 juillet 2018) mais les effectifs sont insuffisants par rapport à tout ce qu’il se passe. Toutefois, je ne leur jette pas la pierre parce qu’ils sont dépassés. Ce que l’on aimerait notamment, c’est avoir accès aux données des paquets de cigarettes, que l’on peut désormais tracer, afin d’en connaître l’origine. Nous voulons aussi que la justice change pour sanctionner plus sévèrement.




