La politique de santé publique souhaitée par le Gouvernement, visant à réduire la consommation de tabac par la hausse des prix, n’est pas sans conséquence sur l’activité des 512 buralistes rhodaniens. Ils dénoncent, dans Le Pays Roannais, cette stratégie, « isolée et déconnectée de la réalité du terrain ».
Pour eux, la hausse des prix ne diminue pas la consommation globale. « Elle déplace simplement les consommateurs vers le marché illégal où le tabac est vendu en tous lieux à des prix bien inférieurs, sans aucun contrôle, ni taxation » explique Isabelle Marie, secrétaire de la fédération des buralistes du Rhône. « En 2023, ce marché parallèle a représenté 40 % du tabac consommé en France et on s’attend à ce qu’il représente 50 % à la fin de l’année. »
Les buralistes voient ainsi leurs ventes tabac chuter drastiquement, de l’ordre de 11,5 % en 2024. Si ces commerçants multiplient d’autres prestations, comme le dépôt de La Poste, les cigarettes électroniques ou la vente de boissons, afin de compenser cette baisse, « il y a quand même un manque à gagner important ».
La fédération des buralistes du Rhône évoque également ce sentiment d’insécurité qui gagne de plus en plus la profession. « Les braquages se multiplient et la hausse du prix des cigarettes explique ce phénomène, poursuit la secrétaire. Comme les cigarettes coûtent cher, les buralistes sont désormais des cibles. »
Pour illustrer ce sentiment d’insécurité, la fédération a lancé, tout dernièrement, un sondage auprès de ses 512 adhérents. Si, pour l’heure, 65 réponses sont parvenues à la secrétaire, le constat est alarmant.
« Tout le monde est touché par ce trafic, y compris dans les petits villages », assure Isabelle Marie, chiffres à l’appui. Ainsi, parmi les réponses reçues, cinq buralistes ont été victimes de cambriolages ou de braquages ces deux dernières années, un a même connu les deux. « Cela s’accentue ces derniers mois » poursuit la secrétaire, « c’est pourquoi nous demandons des mesures urgentes ».
Parmi ces mesures, un plan national d’urgence contre les trafics de tabac ou encore des moyens renforcés pour lutter contre les trafiquants et démanteler les réseaux criminels, « notamment en multipliant des opérations « Place nette » et « Colbert » partout en France », souligne la fédération rhodanienne. « La peur doit changer de camp, conclut l’instance des buralistes. Il faut garantir un avenir à la profession. »




