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31 Jan 2025 | Profession
 

Double éclairage dans les médias du week-end dernier (Prix d’Amérique oblige) sur la « mue » du PMU. Dans Le Parisien (édition 25 janvier), la nouvelle fréquentation des hippodromes. Dans Le Monde (édition 26/27 janvier), comment une nouvelle génération pousse les portes des bars en quête d’authenticité.  

Volet 1. Si près de 800 000 parieurs hippiques ont tenté leur chance en 2024 dans les points de vente PMU en Île-de-France, 650 000 personnes ont aussi fréquenté les hippodromes de la région. Ces derniers tentent de séduire les jeunes grâce à des événements festifs, comme à celui de Vincennes (Paris XIIe).

•• Ils sont quelque 25 000 passionnés ou néophytes à assister ce 19 janvier au Prix de Cornulier sous le signe des sports d’hiver et d’un après-midi sur le thème de la Folie douce, du nom de ces restaurants alpins très avec décibels à fond qui font le bonheur des skieurs branchés. Au menu du « show », de la raclette, des croque-savoyard, des DJ, des chanteurs et chanteuses de cabaret et bien sûr des épreuves de trot attelé et monté parfaitement mises en scène pour captiver tous les profanes.

Ce 26 janvier, ils étaient encore plus nombreux dans les tribunes, pas moins de 40 000 spectateurs déterminés à vibrer lors du mythique Prix d’Amérique. Parmi eux, des milliers de turfistes franciliens. Selon Le Parisienles cinq champs de courses hippiques d’Île-de-France (Auteuil, Longchamp, Saint-Cloud pour le galop ; Vincennes et Enghien pour le trot) et celui de Chantilly (galop) dans l’Oise ont enregistré 650 000 entrées en 2024 contre environ 2 millions à l’échelle nationale. Un chiffre revenu au niveau de l’époque d’avant le Covid après avoir connu des années de déclin.

Pour booster la fréquentation de ses hippodromes, France Galop mise sur des événements festifs comme les JeuXdi by Paris Longchamp proposant chaque semaine entre mai et juillet des courses agrémentées de DJ sets et de dîners façon street food pour un « afterwork » hippique.

« On est sur la conquête de nouveaux publics, notamment jeunes. Pour cela, il faut révolutionner les codes des courses. L’hippodrome est un lieu où l’on vit des émotions diverses, sportives, gustatives… », estime Laurent Dupont, directeur commercial, marketing et exploitation chez France Galop

•• Nul besoin de se rendre sur un champ de courses pour miser. Entre 750 000 et 800 000 joueurs ont tenté leur chance en 2024 dans les 2 400 points de vente PMU en Île-de-France, contre trois millions partout dans notre pays. Un chiffre qui a tendance à se stabiliser après plus d’une décennie de baisse et une perte de la moitié des parieurs depuis 2010.

La clientèle francilienne, âgée en moyenne de 50 ans, est très masculine, avec seulement 30 % de femmes. Le ticket moyen en Île-de-France est de 12,73 euros, soit quasiment le même qu’àl’échelle nationale et monte à 14 euros dans la capitale. « Il est souvent plus important dans les métropoles, c’est une question de pouvoir d’achat. Il est aussi tiré par de gros joueurs », analyse Sylvain Dominé, directeur des réseaux commerciaux PMU (voir 19 août et 23 avril 2024).

Selon une étude de satisfaction menée auprès du public de Vincennes, 90 % des clients sont satisfaits de leur expérience, 75 % reviennent et 69 % parient. « Toutes les générations se retrouvent » apprécie une jeune femme de 29 ans. Elle est « là pour l’ambiance » et n’a pas la moindre idée des favoris. « Personne n’y connaît rien aujourd’hui », constate un habitant de Vincennes qui garde l’image du turfiste ici même il y a cinquante ans qui « buvait des canons ». Lui n’est pas totalement perdu dans la jungle des combinaisons, prêt à s’alléger d’un « petit billet de 50 euros ». « En général, je les laisse au PMU ! »

D’autres apprennent à miser, en demandant des tuyaux auprès des guides de l’opérateur de jeux. « On recrute des parieurs via les hippodromes », applaudit Sylvain Dominé, directeur des réseaux commerciaux PMU.