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16 Juin 2014 | Profession
 

Condamnation justiceC’est beaucoup et peu à la fois. Entre dix et douze années de prison ferme.
Le verdict de la cour d’assises du Lot-et-Garonne est tombé, ce vendredi 13 juin, à l’encontre des trois agresseurs de la buraliste de Saint-Barthélemy-d’Agenais, séquestrée et ligotée dans le coffre de sa voiture dans la nuit du 1er au 2 juin 2012 (voir Lemondedutabac du 11 juin). Les jurés ont répondu positivement aux accusations d’extorsion avec arme, de vol, d’effraction, d’enlèvement et de séquestration.

Des audiences chargées d’émotion, le témoignage de la buraliste ayant marqué tous les esprits. « Cette nuit-là, je suis morte. Ils auraient mieux fait de me tuer, au moins, tout aurait été fini. Maintenant, rien n’est plus pareil. Ils m’ont pris ma vie ».

Deux ans après les faits, la sexagénaire a livré sa détresse, contrainte, depuis, de dormir dans sa voiture fermée, accompagnée de ses chiens, pour se sentir en sécurité : « il était un peu plus de 23 heures. J’ai entendu une explosion, la vitre venait d’être brisée, ils étaient déjà deux sur moi à me piétiner et à me ficeler alors que je dormais, nue, dans mon lit ». Ligotée, bâillonnée, recouverte d’un drap – « je suis claustrophobe » – traînée dans le couloir, sommée de donner le code de l’alarme de son commerce, embarquée dans le coffre de sa propre voiture retrouvée incendiée le lendemain, et copieusement battue à en avoir la pommette fracturée, une dent en moins, le corps couvert d’ecchymoses. Pour finalement être abandonnée en l’état …

Les trois accusés se sont contentés de se renvoyer la balle sur leurs responsabilités respectives : « des mauvaises fréquentations » …

« Le théâtre de la vraie vie », selon l’expression du président de la cour d’assises.

Oui, mais pour cette buraliste, le rideau a failli tomber pour de bon.