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4 Jan 2022 | Observatoire
 

Un mois sans boire une goutte d’alcool. Pour tous les volontaires, le « Dry January » a commencé ce samedi 1er janvier, une opération qui n’a toujours pas droit au soutien de l’État contrairement à des campagnes de même nature contre le tabagisme : c’est ce qu’annonce une dépêche AFP, signée Julien Dury,  dont nous reprenons des extraits.

« On n’a pas d’aide gouvernementale (et) on est toujours sans moyens », souligne auprès de l’AFP la juriste Claude Rambaud, vice-présidente de la fédération d’associations France Assos Santé, qui chapeaute cette campagne.

•• Lancée pour la troisième année consécutive en France, sur le modèle d’opérations semblables dans le monde anglo-saxon et scandinave, le « Dry January » fonctionne sur un principe simple : ne pas boire d’alcool pendant tout le mois de janvier (voir 30 décembre 2019, 1er janvier et 7 février 2021).trrf

La période est propice à faire une pause, après des fêtes souvent marquées par une importante consommation d’alcool. Mais le but n’est pas seulement de reposer son organisme, c’est de se rendre compte par soi-même de ce qui change dans un quotidien sans alcool.

« L’idée, c’est d’essayer de faire cette pause, mais la campagne ne se veut pas du tout moralisatrice: chacun peut essayer de mesurer son rapport à l’alcool pendant ce mois-là », explique Mme Rambaud, craignant toutefois un contexte difficile avec la pandémie de Covid-19 qui perdure dans une ambiance anxiogène.

Ce type de campagne fait de plus en plus ses preuves en matière de santé publique. Au lieu de mettre l’accent sur les risques représentés par une substance – ici l’alcool – , on insiste sur les avantages à ralentir sa consommation. Les participants sont aussi stimulés par un défi qui rassemblent de nombreuses personnes au même moment.

•• C’est le même principe que le « Mois sans tabac », lancé chaque année à l’automne (voir 3 décembre et 31 octobre 2021, 3 décembre 2020), avec une petite nuance : le Dry January ne vise pas à définitivement inciter à une abstinence totale.

Mais, en France, la réalité est bien différente entre les deux opérations. Le « Mois sans tabac » est soutenu depuis des années par l’État, via l’agence Santé publique France, alors que le « Dry January » n’est le fait que d’associations, certes rejointes par plusieurs municipalités comme celle de Lyon.

Les associations reprochent à l’État de céder aux lobbies de l’alcool, en premier lieu les viticulteurs, qui agitent le spectre d’une campagne hygiéniste et inadaptée à « l’art de vivre » à la française.

•• Du côté de Santé publique France qui, selon plusieurs sources, avait failli se lancer dans la campagne pour sa première année en 2020 mais y avait renoncé in extremis, le jeu d’équilibriste perdure.

Santé publique France se place « en soutien » des organisateurs du « Dry January », expliquait à l’automne, sa directrice générale Geneviève Chêne, mettant l’accent sur d’autres campagnes de l’agence contre les risques liés à l’alcoolisme.