L’usage excessif des écrans et des jeux vidéo par les jeunes inquiète le Conseil économique, social et environnemental (CESE), qui, dans un rapport sur les addictions publié la semaine dernière, réclame une meilleure prise en compte par les pouvoirs publics de cette pratique « pathologique » en progression.
Le CESE a décidé d’inclure l’usage excessif de ces produits dans son rapport, soulignant que les mécanismes en cause (recherche d’un plaisir immédiat ou d’une compensation) tout comme les risques (isolement, désocialisation) sont « très proches » de ceux existant dans les addictions.
Le rapport note que les jeux vidéo sont le deuxième motif de consultation médicale après le cannabis, à égalité avec l’alcool et le tabac. Et rappelle que l’usage problématique des écrans toucherait entre 1 et 2% de la population générale et 5% des adolescents, tandis qu’un élève sur huit en ferait un usage excessif. Ce qui justifie, à ses yeux, une évaluation des jeux les plus addictogènes par un comité d’experts indépendants ainsi que la mise en place par les pouvoirs publics d’une signalétique obligatoire.
Concernant le tabagisme et l’alcool, le Conseil – sans grande originalité et dans l’air du temps – préconise de renforcer le contrôle des stratégies marketing développées par les fabricants et des actions de lobbying au Parlement, notamment par le renforcement du rôle du registre public des représentants des groupes d’intérêt.
Sur la question du cannabis (expérimenté en France par un tiers des adultes), le CESE estime qu’« en dépit d’une politique répressive », la part des personnes ayant consommé du cannabis dans l’année est estimée à 8,4 % chez les 15-64 ans, « soit le taux le plus élevé d’Europe ». Il plaide pour un débat public sur la sanction de l’usage du cannabis, plus précisément sur le passage à une contravention « qui n’est pas une forme de dépénalisation mais au contraire un renforcement, dans la mesure où la contravention serait appliquée dès la première interpellation ».




