Le Sunday Express vient d’en faire ses choux gras. Pratiquement un tiers des personnes (32 %) – interrogées à l’occasion d’une enquête commanditée par les fabricants (UK Tobacco Manufacturers Association / TMA) et réalisée par l’institut Mitchla Marketing / Survey Sampling International – déclarent s’approvisionner en tabac sur le marché parallèle : vente à la sauvette dans la rue ou sur des parkings ; tabac sous le comptoir dans certains pubs ou épiceries (les linéaires tabac ne sont plus visibles, partout au Royaume Uni, depuis quatre mois / voir Lmdt du 6 avril) ; approvisionnement à l’étranger.
•• D’après TMA, cela représente une perte fiscale de 2,6 milliards de livres (3,6 milliards d’euros). Sans compter le manque à gagner représenté par les achats en duty-free (500 millions de livres de taxes en moins, soit 698 millions d’euros). Selon Gilles Roca, directeur de TMA, c’est la seconde source d’évasion fiscale Outre-Manche, après la fraude à la TVA. Par exemple, le gouvernement britannique pourrait budgéter la création de 110 000 postes dans la police avec cet argent là.
La responsabilité de cette situation incombe aux choix fiscaux du gouvernement britannique : augmentation de la fiscalité tabac de 40 % sur les cinq dernières années, de sorte à représenter maintenant 80 % du prix du paquet (légèrement moins que le niveau français) ; en mai 2014, adoption du principe d’une hausse fiscale automatique du tabac de 2 points au dessus de l’évolution du taux d’inflation. De sorte que le fait de voir le paquet de 20 cigarettes passer au dessus des 10 livres (14 euros) relève de l’échéance proche.
Sans oublier, l’arrivée du paquet neutre en 2017 (voir Lmdt des 11 et 17 mars).
•• Une approche « régionale » de l’enquête s’avère plus spectaculaire : pour la seule région du « South West » (Bristol, Plymouth) – 2ème contrée du Royaume-Uni la plus peuplée après l’Écosse – 50 % des fumeurs déclarent sans ambages s’approvisionner, lors de voyages ou de vacances à l’étranger, « le plus possible » en ne tenant pas compte des limitations. Certains confient ne choisir une destination à l’étranger que pour cela.




