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OMS FCTC MoscouDes décisions « historiques (…) courageuses ».
La sixième session de la « Conférence des Parties à la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac » (voir Lmdt des 1314 et 17 octobre) s’est achevée samedi sur la publication d’un communiqué triomphaliste insistant « sur les efforts croissants déployés par l’industrie du tabac pour porter atteinte à la Convention-cadre ».

Ces décisions, ces lignes directrices, ces « orientations afin que nous collaborions davantage avec les organisations internationales pour réduire la consommation de tabac, tout en continuant à aider les Parties à accélérer la mise en œuvre de la Convention » (selon la déclaration de Vera da Costa e Silva, chef du Secrétariat de la Convention) n’ont pas encore été beaucoup commentées.

Selon le communiqué de l’OMS, trois décisions auront marqué cette session.

• La première, les mesures fiscales présentée comme l’arme absolue pour réduire la demande de tabac. « La taxation est un moyen très efficace d’influer sur les prix du tabac – la hausse des taxes faisant généralement augmenter les prix et ainsi baisser la consommation.
Le projet de directive  prévoit que les taux des taxes soient réexaminés, augmentés ou ajustés chaque année, en tenant compte de l’inflation et de l’évolution des revenus. En outre, tous les produits du tabac devraient être taxés de manière comparable pour éviter le remplacement d’un produit par un autre
» (voir Lmdt du 16 octobre).

• Limiter l’ingérence de l’industrie du tabac. « À cet égard, le Secrétariat est notamment prié de continuer à fournir un appui technique aux Parties et de collaborer avec des organisations internationales sur les questions relatives à l’influence des sociétés productrices de tabac ».

• L’encadrement de la cigarette électronique ou «  des inhalateurs électroniques de nicotine (et ceux ne contenant pas de nicotine) ». Dans la droite ligne des recommandations de l’OMS (voir Lmdt du 26 août), la Conférence préconise « d’interdire ou de réglementer ces produits comme des produits médicinaux, de consommation ou appartenant à une autre catégorie » et d’envisager d’interdire ou de restreindre la promotion, la publicité et le parrainage en faveur de ces produits ». Le document qui a servi de base à la « décision » met en garde contre les risques de toxicité – même s’ils ne sont pas  scientifiquement déterminés – pour les utilisateurs comme pour l’environnement, le risque de passerelle vers le tabagisme – « ne saper aucune mesure de la lutte contre le tabagisme » – et aussi le contrôle des multinationales du tabac sur ces nouveaux produits.

Le communiqué conclut sur un objectif volontaire de 30 % de réduction de la prévalence tabagique dans le monde d’ici 2025. Une ambition louable mais les voies pour y parvenir sont discutables de par leur efficacité non moins discutable. On remarquera aussi que les paquets neutres (génériques) ne sont pas plus mis en exergue que cela.