« On ne va pas révolutionner le système bancaire du jour au lendemain. Nous voulons apporter un service à des gens qui en ont besoin » : Hugues Le Bret et Ryad Boulanouar, fondateurs du Compte Nickel, avec lesquels les buralistes ont conclu une exclusivité (voir Lemondedutabac des 16 et 6 octobre), ont présenté avec pragmatisme « leur compte sans banque », sur Europe 1 dans le cadre de l’émission « Des clics et des claques », la semaine dernière.
Hugues Le Bret et Ryad Boulanouar ont fait preuve d’une certaine sobriété face à des présentateurs avides de formules faciles : « no bank = mort de la banque ou séisme chez les banquiers » ; « un ancien cadre de banque qui a envie de se payer le système » ; « la rencontre entre deux banlieues : l’Est et l’Ouest » ; « le compte bancaire des fauchés » ; « le lobby des buralistes, en même temps profession sinistrée », etc.
Le Compte Nickel c’est juste tout, sauf cela.
– Un outil bancaire « qui répond à un droit d’ouverture de compte, sans le parcours humiliant du circuit traditionnel ».
– Un réseau s’appuyant sur 27 000 buralistes, répartis impeccablement sur le territoire national et notamment dans les communes de moins de 3 500 habitants « là où il n’y a de distributeur de billets que dans un rayon de 20 kms ».
– Un compte destiné « aux 80% de Français qui ne peuvent que dépenser l’argent qu’ils gagnent dans le mois ».
Hugues Le Bret a surtout mis en évidence qu’aujourd’hui, « les Français ne devaient ou ne voulaient plus être scotchés à la même banque, à vouloir tout faire au même endroit. La BNP vient bien d’annoncer qu’elle allait évoluer vers plus d’automates et moins de conseillers … ».
Pour rester pragmatiques, les créateurs du Compte Nickel ont aussi rappelé qu’ils s’appuyaient sur un réseau de chefs d’entreprise « qui travaillent six jours sur sept à 80% … voire six jours et demi à sept jours sur sept » et qui connaissent parfaitement leur tissu local.
Le Compte Nickel permettant une économie substantielle sur le panier bancaire moyen : celui-ci étant de 192 euros par an contre 30 à 40 euros par an sur les opérations permises dans le cadre de « Nickel ». La transparence, accompagnant la communication du projet, va jusqu’à donner la marge des buralistes : 3 euros sur les 20 euros du kit Compte Nickel avec la carte MasterCard ; 23 centimes d’euros sur les 50 perçus, lors d’un retrait à la borne installée chez un buraliste (à comparer au 1 euro de frais pour un retrait dans un distributeur, dont 60 centimes rétroversés à l’établissement bancaire).




