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14 Jan 2016 | Observatoire
 

Bertrand DautzenbergSur RTL, ce matin, Bertrand Dautzenberg (pneumologue et Paris Sans Tabac) a énoncé une proposition-choc pour rendre la consommation de cannabis la moins dangereuse possible : supprimer le tabac des joints et préférer l’inhalation … Il avait déjà avancé ses pions lors de la conférence de presse d’Alliance contre le Tabac (voir Lmdt du 8 janvier) et compte bien la défendre, lors du 20ème Congrès de pneumologie fin janvier à Lille.

« La France est vraiment le mauvais élève de l’Europe parce qu’on y consomme plus le cannabis que les autres pays et on le consomme surtout sous sa forme la plus toxique avec le tabac … Je remarque que depuis le vote de la loi Evin, on constate une baisse de 50 % de vente de cigarettes par Français, une baisse de 25 % de vente d’alcool mais une augmentation de 20 % de la vente de cannabis. Parce que le cannabis est soumis à une législation totalement inadaptée, pas du tout pragmatique et qui ne marche pas ».

« La première étape c’est du cannabis plus propre », en supprimant le tabac que l’on retrouve dans un joint mélangé à la résine du cannabis, car cela contribue à la dépendance. Il s’agirait de le remplacer, par exemple, par des feuilles de cannabis ou … des plantes à fumer, à l’image de celles que l’on peut trouver dans les coffee-shop aux Pays-Bas.

Autre danger, selon le pneumologue, la fumée extrêmement toxique pour les bronches … il vaudrait donc mieux inhaler le cannabis sous forme liquide à l’aide de gros vaporisateurs ou d’objets ressemblant à la cigarette électronique. « La vaporisation est majoritaire maintenant dans les pays où la consommation du cannabis est légale » fait-il remarquer, tout en prévenant que « les pétards électroniques ne marchent pas, pour l’instant. On ne met pas vraiment du cannabis mais certains cannabinoïdes de synthèse dont on ne connaît pas tous les effets sur la santé ».

A la question d’Yves Calvi sur la dépénalisation, Bertrand Dautzenberg approuve : « dépénalisation oui, sans tabac, contrôlée et réglementée. Il faut des boutiques de spécialisées, un contrôle sur la qualité, un acheminement clair et un peu de taxes au passage. Ce qui me choque, c’est qu’on ait une législation contre-productive (…) En Hollande, ils ont la moitié de la consommation de la France et des produits propres ».