Dans l’édition du Monde datée du jeudi 4 octobre, un billet d’humeur intitulé « Chère cigarette » croque, avec justesse et humour, l’évolution de la cigarette dans notre société. Extraits significatifs.
« Il me l’a volée des mains. En trois secondes, c’était fait. Je sortais tranquillement d’un cinéma, il s’est approché de moi, n’a rien dit et a attrapé la cigarette que je n’avais pas encore eue le temps d’allumer. Un ami qui me veut du bien ? Pas du tout. Un voleur de cigarette à la sauvette, dont le geste m’a laissé abasourdie. Voulait-il la fumer … ou la vendre ?
« A plus de 6 euros le paquet, le tabac est devenu un produit de luxe. La clope sera bientôt plus chère que le pétard ! A l’instar des téléphones portables, les paquets de cigarettes risquent fort d’être dérobés sur les terrasses de café …
« Très chère cigarette ! Je t’ai connue tu coûtais 4,50 francs (69 centimes d’euro). Désormais, c’est au minimum 40 francs (6,10 euros) … On s’était juré de limiter l’usage de la voiture lorsque le litre d’essence passerait la barre des 10 francs (raté) puis de cesser de fumer quand le paquet de cigarettes atteindrait les 30 francs (encore raté). Heureux les fumeurs frontaliers ou amis de voyageurs qui passent par les duty free.
« Qui va être le plus pénalisé par cette très forte hausse du prix du tabac ? Les chômeurs. Ils représentent 51 % des fumeurs réguliers (contre 44 % en 2005) … L’Institut national de prévention et d’éducation à la santé (Inpes) explique que l’usage de la cigarette « permettrait aux plus précaires de gérer le stress et l’anxiété. La cigarette est considérée comme un produit de première nécessité, une ressource qui leur permet de « tenir le coup » et de tromper l’ennui ». Bref, la clope comme anxiolytique non remboursé par la Sécurité sociale.
« Consommer un paquet de cigarettes par jour coûte désormais 2 226 euros par an ! Une folie. »




