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13 Juin 2026 | Institutions
 

Le ministère de la Santé s’alarme de la consommation de « cannabinoïdes de synthèse » chez les adolescents et évoque une « augmentation préoccupante » des intoxications.

Nous reprenons une information d’actu.fr (le 12 juin) sous la plume de Brian Trébert.

C’est un « message urgent », diffusé ce 11 juin par la Direction générale de la santé (DGS), qui tire la sonnette d’alarme. Elle demande « une attention renforcée, particulièrement dans les milieux scolaires ».

Le vapotage d’e-liquides, parfois présentés comme licites (comme du pseudo-cannabidiol, communément appelé CBD), mais contenant des cannabinoïdes de synthèse à forte toxicité, fait des dégâts chez les adolescents français. Et a même tué.

Près de 500 intoxications à ce « pseudo-CBD » et au moins deux morts ont été recensés ces derniers mois. Dans la grande majorité des cas : des jeunes de 13 à 18 ans. Des garçons.

« Les usagers ignorent souvent la composition réelle des produits consommés », soulignent les autorités sanitaires alors que les conséquences sont dramatiques : convulsions, hallucinations, attaques de panique, coma, troubles cardiaques ou idées suicidaires… Des symptômes allant des troubles neurologiques graves aux troubles psychiatriques et cardiovasculaires, pouvant rendre compliquée la détection par les agents de santé.

Les cannabinoïdes de synthèse sont des substances chimiques qui imitent les effets du THC mais avec des effets plus puissants que le cannabis. Ils sont communément nommés « PTC » (pète ton crâne), Buddha Blue, Spleen, K2.

Ces cannabinoïdes sont synthétisés dans des laboratoires clandestins, détaille une étude de l’Institut national de santé publique du Québec. Ils sont importés sous forme de poudres, d’huiles ou de liquides hautement concentrés, puis sont pulvérisés sur des produits à base d’herbes étiquetés comme étant non destinés à la consommation humaine.

Il s’agit de molécules chimiques qui interagissent avec les récepteurs cannabinoïdes CB1 et CB2 « afin d’induire des effets similaires au delta-9-tétrahydrocannabinol (THC) », détaillent les médecins. Ces produits sont des agonistes complets qui ont une grande affinité pour les récepteurs CB1 du cerveau, ce qui explique leur effet plus puissant que le cannabis.

De nombreux cannabinoïdes synthétiques ne sont pas considérés comme illégaux, puisque leurs structures moléculaires précises n’ont pas encore été ajoutées à la liste des produits bannis selon les lois de plusieurs pays. Ainsi, les producteurs de ces produits gardent une longueur d’avance sur la législation en remplaçant les structures moléculaires des cannabinoïdes synthétiques contrôlés par de nouvelles structures moléculaires non contrôlées, souligne l’étude.

En France, l’article L3421-1 du Code de la santé publique prévoit des amendes jusqu’à 3 750 euros et des peines de prison (jusqu’à 1 an) en cas de consommation, rappelle le site drogues-info-service qui liste une série de noms utilisés pour appeler ces produits : PTC (pète ton crâne), Buddha Blue, Spleen, K2, Spice, HHC, HHCO, HHCP, THCP, THCPO, MDMB-4en-PINACA, CP-47, 497-C8, JWH-018, HU-201, AM-630, UR-144…

(Voir les 26 décembre 2024 et 19 février 2025)

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