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8 Nov 2021 | Profession
 

Philippe Coy était à Lyon, ce dimanche 7 novembre, pour l’assemblée générale de la fédération des buralistes du Rhône.

Interview en amont du Bien Public et du Progrès. 

Bien Public / Le Progrès : En 20 ans, le nombre de débits de tabac a chuté de -27 % (de 33 000 à 23 000), celui des cigarettes vendues de -57 % en volume.  Quelle est la tendance aujourd’hui ?

• Philippe Coy : C’est l’heure du rebond. Depuis deux ans, nous avons stabilisé le niveau de fermetures de buralistes par des efforts portés sur l’évolution du métier. Les fermetures que nous dénombrons aujourd’hui sont souvent le résultat de non-transmission d’entreprises dans le cadre de départs à la retraite dans des territoires ruraux ou des quartiers où il n’y a pas de repreneurs. Le réseau des buralistes se maintient, avec 23 000 entreprises

La profession de buraliste est régie par un genre de numerus clausus si bien qu’on ne peut pas implanter un débit de tabac n’importe où, mais on peut le déplacer. Nous sommes attentifs aux évolutions démographiques et sociétales, notamment dans les grandes métropoles comme celles de Lyon, où on privilégie les transferts de débits de tabac plutôt que les créations. On ne compte que deux à trois créations par an, mais on procède à plus de 300 déplacements, soit 10 % du réseau. Notre priorité est d’adapter le parc existant.

Bien Public / Le Progrès : Les buralistes proposent désormais une offre très diversifiée. Que reste-t-il du tabac dans le chiffre d’affaires des buralistes ?

• Ph. C. : Le tabac reste une partie dominante, entre 70 % et 85 % selon les points de vente, mais l’objectif de la Transformation initiée depuis quatre ans est de rééquilibrer l’offre de services pour avoir une meilleure assise économique, car le marché du tabac a connu des soubresauts déjà très importants avec les hausses de fiscalité, le marché parallèle et l’évolution du comportement des fumeurs avec le vapotage. 

Bien Public / Le Progrès  : En quoi consiste le plan de Transformation ?

• Ph. C. : Nous sommes buralistes, on ne se renie pas, mais on évolue. Il y a des offres alternatives au tabac comme le vapotage et tous les services qu’on est en mesure de rendre. L’enjeu est d’être le point de contact du service public et du service marchand pour le quotidien des 10 millions de Français qui nous fréquentent aujourd’hui.

Les buralistes français bénéficient d’un fonds de transformation de 100 millions d’euros sur 5 ans. Il a été négocié et conçu avec l’État pour que le réseau s’adapte à la situation du marché du tabac mais aussi pour répondre aux nouveaux usages et aux attentes des consommateurs. 40 % de ceux qui franchissent notre porte ne viennent pas chercher du tabac. Cela nous donne des marges de croissance.

Le bureau de tabac n’est pas seulement un lieu de vente du tabac mais un lieu de service au quotidien.