Au delà des péripéties judiciaires opposant Droit des non-fumeurs aux exploitants de plusieurs terrasses parisiennes (voir Lemondedutabac du 11 mai), se pose la vraie question de la possibilité de fumer, dans des conditions confortables, en zones urbaines.
Concernant la possibilité d’installer des terrasses : il est de plus en plus délicat d’implanter durablement ces lieux de convivialité dont l’attractivité est incontestable pour un certain nombre de quartiers. Or, la lutte est vive entre riverains, associations de voisinage, groupes de pression écologistes et municipalités multipliant règlements et arrêtés qui s’entrechoquent.
A Paris, où le dernier règlement sur les terrasses date de juin dernier, les litiges se multiplient. Un arrêt est attendu cette semaine dans la procédure opposant la municipalité et des patrons de bars – brasseries de la rue Montorgueil (2e arrondissement). Les verbalisations « pour extension sur la voie publique » se multiplient : 326 en 2010 ; 420 en 2011. Précisons que 15 000 terrasses sont recensées sur la capitale. Dernier point, les droits de terrasse connaissent une hausse vertigineuse (voir Lemondedutabac du 16 avril).
Dans ce contexte, Droit des non-fumeurs entend continuer sa guérilla contre les terrasses. L’objectif va bien au-delà de veiller à la bonne application de la réglementation en vigueur. Il s’agit de créer un mouvement d’opinion, à travers de courtes campagnes de presse, visant à remettre en question le droit de fumer, en terrasse, à l’extérieur. Au nom du principe de précaution « par rapport à une réglementation trop difficile à faire appliquer ».
Par ailleurs, la Mairie de Paris annonce que 15 000 cendriers-éteignoirs de rue vont être déployés d’ici décembre. Ils s’ajouteront aux 2 000 déjà en place. Et d’ici à 2014, les 35 000 poubelles de rue en seront équipées. En contre-partie, les 86 inspecteurs de la propreté et les 450 agents de sécurité de la Direction de la protection urbaine seront incités à verbaliser quiconque jettera son mégot à la rue : 35 euros le geste. On estime à 300 tonnes par an, les mégots ramassés par les services et prestataires de nettoyage de la ville, actuellement.
Force est de constater que, dans toutes ces décisions, les professionnels concernés sont trop souvent mis devant le fait accompli. Quant aux fumeurs -citoyens/contribuables, ils n’ont pas encore pris la parole. Mais cela pourrait venir en cette période ou « les mouvements de refus » se multiplient. Sous une forme ou une autre.




